dimanche 23 novembre 2008
Petite philosophie de l'esthétique - Bertrand Vergely.
Ne nous est-il pas tous arrivé de rester pétrifiés d'émotion devant un paysage, étreints par ce qui nous semble un trop plein de beauté? N'avons-nous jamais senti notre gorge se nouer, nos yeux s'humecter en entendant s'élever le chant d'une voix pure venant toucher un tréfonds de nous-même que nous n'arrivons pas à exprimer par les mots qui soudain, nous semblent banals? Et je pourrais multiplier les exemples. Tous nous avons ressentis ces moments hors du Temps, ô combien gravés en notre mémoire. Que s'est-il passé? Nous avons touché la Beauté. Ce "Pause philo" développe les notions de beauté, de laideur, de la place de l'artiste et de sa quête dans le monde contemporain (ce qui permet un regard différent sur les oeuvres d'aujourd'hui parfois mal comprises). Souvent je me suis posée cette question : "Qu'est-ce qui me fait dire que c'est beau? A quel titre? Pourquoi?". Et voilà que je reçois cette réponse qui éclaire mes interrogations :
"Quand nous sommes en présence du beau, c'est au sens de la pensée que nous avons affaire. Un paysage, une musique, un poème nous laissent songeurs. Ils nous ont fait sentir qu'il y a quelque chose dans la vie de plus fort que le simple plaisir de vivre. La vie a une âme. Elle n'est pas que matière. Et cette âme est la profondeur de la vie. Voilà ce que le beau signifie. Il nous éveille à notre propre âme en nous révélant que nous pouvons être plus qu'un corps. En ce sens, le beau n'est pas une affaire de subjectivité au sens banal du terme. Témoin le fait que nous pouvons être plusieurs à le ressentir en même temps."
Ce livre m'a révélé la distinction à faire entre la beauté et l'agréable. Il m'a aussi fait réfléchir sur ce légendaire "Des goûts et des couleurs on ne discute pas" que l'on entend si fréquemment. Une partie du livre consacrée aux arts analyse les relations que nous pouvons entretenir avec chacun d'entre eux. La dernière partie parle de l'Art et je fus interpellée particulièrement par le chapitre "A quoi sert l'Art?" et par la notion de création. Il m'a plu de lire :
"On ne peut ramener la vie à la survie. S'il faut survivre, il faut aussi vivre. La vie est le but de la survie et non l'inverse. Ainsi, c'est le fait de cultiver la vie que l'on a qui lui donne tout son sens et non simplement le fait de survivre. Imaginons une vie qui ne serait jamais préoccupée par la culture et la vie, mais simplement par la survie. Une telle vie serait invivable."
"L'art a donc un sens qui consiste à élever l'humanité vers la partie supérieure d'elle-même".
"L'art donne à penser. Il fait sentir, entendre, voir ce que le fait de l'existence peut avoir d'extraordinaire. Il montre surtout ce que cet extraordinaire peut devenir sensible."
"La création ne consiste-t-elle pas à produire plutôt qu'à reproduire, et à inventer plutôt qu'à copier?"
Les "Pause philo" dont la vocation est "d'appliquer la philosophie aux défis du quotidien" nous emmènent un peu loin, nous remuent, nous confortent. Bref, on apprend. Celui-ci ne nous fait pas y échapper.
mercredi 19 novembre 2008
Petite philosophie pour jours tristes - Bertrand Vergely.
Ne vous méprenez pas. Rien n'est triste dans ce livre. Les chapitres qui se succèdent nous portent en avant et tentent d'éclaircir doutes et questions, d'apporter un éclairage à ce qui nous tracasse. On se sent bien, on se sent mieux. Non, la philosophie n'est pas triste, elle aide à se dépasser, elle permet de relativiser bien des petites médiocrités. Et surtout, on sent gonfler le vent de la liberté puisqu'elle délivre du poids du Temps en nous replaçant dans le Temps. Penser, s'ouvrir aux idées, les accueillir, les soupeser, les réfléchir et se sentir vivant, ouvert à soi-même et aux autres, voilà le propre d'une telle lecture. Critiques, doutes, étonnements, questionnements, tout dans ce recueil ouvre des portes. Les portes de la Vie.
lundi 3 novembre 2008
Petite philosophie du lecteur - Frédérique Pernin.
"La lecture forme des êtres autonomes. En donnant l'habitude de déchiffrer des signes, de porter attention aux mots et donc de différer la réponse au lieu de réagir mécaniquement, elle forme des êtres non seulement perspicaces mais aussi sagaces, c'est-à-dire, si l'on suit l'étymologie de sagax, des êtres à l'odorat subtil : dotés de finesse d'esprit et de pénétration. Le lecteur a toujours la possibilité d'adhérer ou de refuser; et par là, il se sait apte à marquer la distance avec toute forme d'autorité pour ne trouver de seul juge qu'en lui-même. Si le lecteur est subversif, c'est au sens où la lecture enseigne les qualités d'esprit nécessaires pour ne dépendre d'aucune appartenance, qu'il s'agisse d'appartenir à ce fameux "système" ou à une famille, à un clan, à une idéologie. Par sa pratique, la lecture est la seule activité qui puisse enseigner le pas de côté."
(Subversion)
Non seulement ce "Pause Philo" nous montre comment le lecteur peut être ressenti par les non-lecteurs mais il nous peint,nous, et on se découvre, on se redécouvre, on s'attendrit, on sourit, on s'étonne, on s'affirme, on rougit parfois tant les voiles sont levés sur nos habitudes, nos émotions les plus secrètes. On se lit à travers tous les chapitres de cet abécédaire aux titres évocateurs : Dictionnaire!, Enfance, Quiproquo, Rareté, etc... On en sort en se disant qu'il faudra le relire, sa densité le demande. Tout lecteur et non "lisant" se trouvera interpellé dans sa solitude de lecteur et dans son lien au monde par les pages et pages qu'il dévore (Goût! - un chapitre qui se déguste) et retiendra que "Chaque livre révèle un nouvel ordre du monde, non au sens où il se contenterait d'enseigner abstraitement qu'il existe d'autres perspectives, mais au sens où il nous fait entrer dans une autre manière d'être au monde."
lundi 25 août 2008
Petite philosophie du marcheur - Christophe Lamoure
Voilà un livre qui fait marcher non seulement les pieds mais aussi la tête. Le lire nous amène à observer cet état naturel autrement et à le vivre intensément. Des réflexions de l'auteur à celles de philosophes (Epicure, Kant, Kirkegaard, Rousseau...) nous instruisent sur cet acte infiniment plus riche que le simple fait d'aller d'un point à un autre par nécessité entraînant souvent une lassitude, voire un ras-le-bol. Non, il y a dans la marche plein de subtilités qui nous enrichissent, amènent une re/considération de l'état d'être humain entouré d'une nature ou de paysages dans lesquels il prend place, se ressource, se découvre. Un bonheur de lire ce "philo-pause" et de découvrir plus avant cette mine de recueils proposés par les Editions Milan.
dimanche 27 juillet 2008
Une année avec Gandhi.
Merci à
et aux Presses de la Renaissance de m'avoir permis cette découverte dans le cadre de
Ce livre ne peut que ravir les amateurs d'une pensée spirituelle authentique et universelle. Petit recueil que l'on peut disposer près de la table du petit déjeuner, sur la table de chevet ou emporter avec soi, l'ouvrir et recevoir. Quelle que soit la croyance ou la non croyance du lecteur, les paroles de Gandhi provenant de différents ouvrages, interpellent et ramènent chacun à une introspection riche, porteuse de non violence, d'écoute, de respect et sèment ces petits grains qui viendront nourrir sagesse et sérénité auquelles tout être humain digne de ce nom aspire pour lui comme pour ses "frères". Il existe quantité de "manuels" pour "mieux vivre", celui-ci reprend les considérations du Mahâtma, la "Grande Âme" qui a influencé de ses ondes bénéfiques tant de générations et d'hommes à travers le monde. Qu'on adhère ou pas à toutes ces réflexions, elles ne laissent pas indifférents et peuvent aider nombre d'entre nous à se ressourcer au fil de 365 méditations dont celle-ci me paraît une clé :
"Je ne veux ni clôturer les quatre côtés de ma maison ni murer mes fenêtres.
Je tiens à ce que l'esprit de toutes les cultures souffle chez moi aussi librement que possible."
Ne clôturons rien...






