lundi 19 novembre 2007
Nuala O'Faolain - Chimères.
Lorsqu'on dépose ce livre après l'avoir refermé, on sait que sa résonance perdurera longtemps. Les derniers chapitres ont amené un paroxysme à notre émotion de femme, à notre "féminitude". Si on me demandait de le qualifier, je dirais : densité, vie, chair et explosion, lucidité, amour passion, amour espoir, amour désastre, amour ignorance. Cette femme hantée par le passé et le futur poursuit son présent dans l'Irlande retrouvée. Et nous assistons à une page tragique de l'histoire de ce pays, à l'exil forcé, à l'exil sauvetage. Et nous pénétrons au coeur de la passion d'une aristocrate anglaise et d'un palefrenier irlandais au XIXè. Et chez l'héroïne, le parallélisme de l'exil et de la passion chez cette aristocrate avec son propre exil et sa/ses propre(s )passion(s) bouillonne jusqu'à cette révélation finale qui nous étreint et nous la font regarder avec encore plus de douceur et d'affection. En tant que femmes, nous ne pouvons rester indifférentes à tout ce qui enchaîné les femmes, ce que Kathleen a très bien compris par la voix de Nuala O'Faolain qui nous restitue cette fresque avec tant de réalisme et de sensibilité que les personnages existent jusqu'après avoir lu la dernière ligne. En tant qu'être humain, nous ne pouvons rester insensibles à la misère décrite, à l'incompréhension culturelle des peuples. Ce roman pourrait faire l'objet d'une adaptation cinématographique et devrait figurer dans toute bibliothèque digne de ce nom.
