mercredi 1 avril 2009
La Métamorphose - Franz Kafka.
Lire ou relire un classique, voilà qui a du bon. Laisser monter ou remonter vers soi le suc d'une oeuvre sur laquelle tant de discours ont fleuri. C'est une nouvelle facile à lire et qui accroche. Même si certains peuvent éprouver une répulsion devant la transformation de Gregor Samsa en cancrelat, l'intérêt est présent. Celui qui fut, est sans être. Il est un "autre" qu'il apprendra peu à peu à apprivoiser, il est un "autre" qui contemplera ceux qui l'entourent. Il est aussi un "autre" pour ceux-là. Le père, le sur-moi omniprésent, juge des enfers, qu'il est impossible d'approcher. La soeur dont la relation d'apparence affective devient de plus en plus douteuse et ira jusqu'à émettre la sentence finale. Seule la mère, malgré ses faiblesses, ses émois, sa dépersonnalisation, reste "la"mère. Tous les clichés, toutes les idées préconçues, toutes les envies d'un milieu petit-bourgeois coincé apparaissent. "Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s'inflige" dit la 4ème de couverture. Que de dégâts dus à cette tyrannie paternelle, cette mère faible et dominée, cette "scène primitive" qui se répète sous les yeux de l'homme animal qui constate, découvre, plus loin que l'apparence, celui et celles qui l'entourent. Il y a certes une violence dans cet écrit, non dans la forme mais dans le fond : le manque d'amour, aimer et être aimé, être reconnu en tant qu'un "autre" existant à part entière et digne de respect, entraînent le lecteur dans un récit qui soulève bien des questions sur différentes conditions : familiale, sociale, individuelle.
