samedi 14 mars 2009
L'Eglise des pas perdus - Rosamund Haden.
Je me suis laissée prendre par les personnages typés et romantiques décrits par l'auteur dans une Afrique du Sud sur fond d'apartheid. Il y a dans ce livre un romantisme exacerbé dans le suspense et dans les relations entre les personnages. Ceux-ci ont tous des caractères forts, à part. Je n'ai pu m'empêcher de penser à Catherine des "Hauts de Hurlevent". Catherine King lui ressemble un peu, entière, marginalisée par la sottise et les peurs des uns et des autres, brillante, audacieuse, allant au bout de ses démons comme au bout de ses bonheurs, un personnage intense auquel on s'attache. Un drame familial, une amitié rare, un amour destructeur, une passion pour la terre qui l'a vu naître, un respect pour les autochtones et particulièrement pour Maria, sa conscience, son autre avec qui un pacte fait lors de leur enfance les a, à jamais, liées. Leurs énergies n'en font qu'une. C'est un livre qui possède une aura particulière puisqu'à notre tour, nous vibrons, nous ressentons l'atmosphère poussiéreuse du veld, nous savourons les mangues et les figues, nous sentons l'odeur de l'étang et le soleil tour à tour vivifiant ou pesant comme les âmes peuvent l'être près de cette "Eglise aux pas perdus" que ne fréquentent pas les "blancs" puisqu'elle n'est pas consacrée par leur Dieu. Nous palpitons devant les amours extrêmes et désintéressées des hommes et des femmes qui se croisent dans un pays complexe qui marque leur destin.
Livre sélectionné pour le mois de mars. Prix des Lecteurs (Livre de Poche).
