Vivre en un jour les quatre saisons

Atmosphères et perceptions ...

mercredi 11 juin 2008

Sur ma mère - Tahar Ben Jelloun.

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C'est effondrée que j'ai posé ce livre. Plusieurs lectures sont possibles. La mienne fut à fleur de peau et le coeur soumis à rude épreuve... Dans ce roman-biographie commencé en 2001, terminé en 2007, Tahar Ben Jelloun rend un hommage fort et vibrant à sa maman malade qu'il découvre et redécouvre alors qu'elle s'enfonçe de plus en plus dans une nuit qui maintenant l'a recouverte tout entière, à jamais dissimulée aux yeux de tous mais présente, ô combien, dans les lignes et entre lignes de ce puissant cri d'amour. L'auteur replonge dans un Maroc des années trente et quarante où la femme soumise et souvent analphabète donnait comme unique sens à sa vie le dévouement à un époux et à ses enfants. Nous pleurons parce que nous comprenons que cette femme n'a pas été aussi heureuse qu'elle l'aurait mérité mais nous nous réjouissons de l'amour tutélaire dont l'enveloppe son fils et dont elle enveloppe ses enfants. De très beaux et graves moments soulèvent le problème de notre société actuelle : cet éloignement de la personne âgée et malade, ces ghettos, quels que soient les noms qu'on leur donne... Beaucoup de réflexions sont soumises à notre entendement et à notre coeur par Tahar Ben Jelloun, au-delà de sa propre histoire. Il m'a fallu du temps pour écrire ce court billet, il y a des livres qui requièrent un silence particulier et dont on ne peut parler qu'après l'avoir apprivoisé. Les paroles semblent dérisoires... Les actes se voudraient courageux...

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mardi 10 juin 2008

L'auteur du mois.

Num_riser0001Le 4  juin, naissait Marie NDiaye.

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Observez attentivement la photo, qu'y a-t-il au bout de la route. Image qui ne se termine pas, l'oeil peut y poursuivre le chemin. Une route qui nous mène dans un village étrange, aux habitants quelque peu uniformisés dans leur apparence mais guetteurs de tous mouvements de leurs pairs et de l'étranger parisien qui, par mégarde, a dépassé le 31 août, date ultime des vacances. Dès le 1er septembre, l'automne chasse  soleil, lumière, ciel bleu et s'installe. Tout au long de la lecture nous sommes éclaboussés, submergés, engloutis par une pluie tantôt fine tantôt drue. Une continuelle averse glauque qui accompagne les démarches du professeur de mathématiques (esprit que, par habitude, on qualifierait de logique et matérialiste) Herman à la recherche de Rose son épouse et de leur petit garçon partis chercher du lait en ce dernier jour et jamais revenus. Son "adoption" par le village suscite, de notre part, bien des interrogations, bien des remises en question. Comme toute métaphore, à nous de décoder les comparants et à accepter de quitter les voies traditionnelles du langage. N'est-il pas bon d'être quelquefois "dérangé" dans nos petites habitudes de lecteur? Ce livre se lit avec souplesse et accroche notre demande d'en savoir plus. En cours de lecture, notre pensée va et vient au gré des mécanismes entre les personnages et au gré de l'atmosphère. On ne sait pas toujours très bien où l'on va et cela remue. Quand on clôt le livre, des interrogations subsistent, une aura nous entoure et peut-être y répondons-nous en notre for intérieur et peut-être ne restons-nous qu'au centre d'une sensation difficile à exprimer. Un peu comme si nous étions tapis, dissimulés, dans un coin de ce village miroir qui reflète certaines de nos certitudes, beaucoup de nos complications...

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lundi 9 juin 2008

Puisaye et Forterre - Sur les traces de Colette.

P1000349 photo Lune de pluie

Lire Colette, c'est  s'intéresser un peu plus à la région qu'elle a tellement aimée. Saint-Sauveur en Puisaye (Montignies dans les "Claudine") conserve le souvenir de son écrivain à jamais lié à son histoire. S'y promener, c'est mettre ses pas dans ceux de la petite Gabrielle-Sidonie Colette. Les lecteurs assidus et passionnés par l'oeuvre ressentiront une pointe d'émotion en lisant les noms des rues (rue Pierre Merlou - Docteur Dutertre dans les "Claudine"...), en regardant la place d'où dégringolent les maisons à l'ombre de la Tour Sarrazine, l'horloge où se cachait Léo, le frère, pour en admirer le mécanisme, en s'arrêtant devant la stèle dédiée au curé Millot dans l'église au clocher foudroyé, en rôdant dans la rue des Vignes où l'on admire toujours la reptilienne glycine dont Colette nous a conté les méfaits, en imaginant l'inauguration de l'école (aujourd'hui la mairie)... Sans oublier bien sûr, le château devenu un subtil Musée Colette où l'on pénètre, par "impressions", l'univers Colettien.

P1000345 photo Lune de pluie

Nous sommes dans la Puisaye, terre fertile et marécageuse, routes en lacets à travers ses taillis, aux petits étangs parsemés ça et là, invisibles à l'oeil qui ne fouille pas une nature riche, préservée, intacte. Des églises romanes au porche caractéristique qui reçoivent chaque été des concerts et l'incomparable église de Moutiers dont les peintures murales nous parlent à travers les siècles,

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photos Lune de pluie

un pays de potiers où la terre grasse et ocre a permis à l'homme d'exprimer tout son savoir-faire (poterie "La Bâtisse", impressionnant Château de Ratilly...), des châteaux dissimulés, des points de vue (Perreuse, déjà en Forterre) où la Beauté rencontrée vous émeut jusqu'aux larmes..., des forêts que l'on devine giboyeuses, Guédelon où les compagnons reconstruisent à l'ancienne un château moyenâgeux, Saint-Fargeau et son impressionnant château (les combes valent le détour!) et où rôdent

P1000332 photo Lune de pluie

  le fantôme de la "Grande Mademoiselle" et l'oeil pétillant de Jean d'Ormesson... et tant de choses...

Par un glissement progressif du paysage, nous voilà en Forterre, douce, vallonnée, agricole. Un tout petit village, Lainsecq : une place arborée, quelques bancs, quelques rues, un silence que je ne connais que là, pur, un peu étouffant au début parce qu'on n'en a pas l'habitude et au bout d'une rue menant en plein milieu des champs, une ferme dans laquelle loger devient une joie tant l'hôtesse charmante, accueillante, attachante rend le séjour un peu moins anonyme.

1_La_maison photo de A. Bourgoin

Au-delà de la découverte grâce à un écrivain bien-aimé, il y a la rencontre avec un "pays" qui nous est entré dans le coeur et que l'on retrouve presque chaque année comme quelqu'un de familier qu'on a toujours plaisir à revoir...

Si l'envie vous prend de découvrir cette région authentique, je vous propose de consulter le blog de Mr et Mme Bourgoin : http://lainsecq.blogspot.com .

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Qui?

Indice : "Messieurs les Ronds de cuir"

n'ont qu'à bien se tenir...

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Qui est-ce?

Réponse trouvée par Nanou. Il s'agit de Georges Courteline.

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dimanche 8 juin 2008

Au jardin...

P1030112 photo Lune de pluie

Rose d'Ispahan (David Austin)

Posté par Lune de pluie à 08:19 - DE CHOSES ET D'AUTRES... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 6 juin 2008

Eldorado - Bouli Lanners.

eldorado_fichefilm_imagesfilm

Primé à Cannes : prix "Label Europa Cinémas" (meilleur film européen à la Quinzaine des réalisateurs) et prix "Regards jeunes". Il a également reçu le "Prix de la Fipresci (prix de la critique internationale).

Superbe film!

Les intermèdes silencieux parlent autant que les mots, si ce n'est parfois plus. Film sur la dualité entre espérance et déception. Le héros joué par Bouli Lanners touche : marginalité, sensibilité, bonté, on l'aime. La relation qu'il entretient avec le jeune drogué (regard immense comme un marécage boueux, stagnant, dans lequel on lit toute la souffrance et l'humanité bafouée, il séduit) nous pousse à croire en la main tendue qui peut sauver... Leurs échanges, à travers parfois de petits dialogues absurdes et surréalistes, sont intenses. Chacun apprécie l'autre, chacun avec son vécu, ses expériences douloureuses mais le dialogue sera celui d'un sourd (Ah! la profondeur du regard de Bouli Lanners ne voyant pas revenir le copain de déroute, le "chien perdu sans collier"). L'épisode du chien est terrible à supporter : si l'homme est si laid dans ses actes, notamment avec les plus faibles, combien il est difficile de supporter la vie pour les êtres fragilisés. La scène avec la maman est extraordinaire de sensibilité et d'émotions tant sur le plan de la comédienne effondrée sur fond de cris qu'on ne comprend pas (dispute entre père et fils) mais dont on devine toute la portée destructrice. Nous nous trouvons dans un monde de non-dits qui en disent tellement. La portée est universelle tout comme l'histoire  (la voiture américaine, les buildings brouillés de cette ville belge que je connais bien...). Un moment d'ironie tendre amène le rire dans la salle suspendue entre ce qui se passe sur l'écran et ce qu'elle ressent : Alain Delon dans la verdeur de sa nudité (rêve par l'appropriation de l'autre, beau, riche, célèbre...). Un film subtil et sobre qui marque les esprits qui veulent entendre et acceptent de voir.

Posté par Lune de pluie à 08:44 - 2. ARTS, MUSIQUE ET DEFIMUSCLASS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 5 juin 2008

Jean Teulé - Le magasin des suicides.

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Ce livre! On en a tellement parlé, on en parle encore... Mes rires sonores ont retenti dans la maison. L'humour noir, les référents, les connotations m'ont rapidement entraînée dans l'absurde énorme, la monstruosité rigolarde... jusqu'à une certaine lassitude vers la centième page. Le procédé ne se renouvellait pas, s'essouflait même et la fin se profilait comme je pouvais la prévoir. Dommage!

Posté par Lune de pluie à 07:59 - 3. LITTERATURE FRANCOPHONE - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 4 juin 2008

Simonetta Greggio - Etoiles.

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Nouvelle, fable moderne, etc... Il est vrai que la brièveté de cet écrit nous laisse sur notre faim... Oh!  s'agirait-il d'un "livre apéro" destiné à titiller légèrement nos sens appauvris et aseptisés par des nourritures insipides mais pratiques pour la "ménagère de moins de cinquante ans" ? Cette prose gourmande fait fondre d'envie. Rechercher, toucher, préparer des ingrédients offerts à l'autel de l'amour par l'amour qui se joue patient, félin, gourmet est certes le plus raffiné et complet des plaisirs. Simonetta Greggio compose ici un poème à l'honnêteté culinaire (Gaspard) et une élégie amoureuse (Gaspard et Stella). Cela se lit amer ou sucré comme certains apéritifs, cela se boit sans surprise mais gouleyant et charnu, cela donne des envies de nuit tiède, de paroles "candi", de mets féériques... Recueil délicat.

Posté par Lune de pluie à 08:58 - 4. LITTERATURE NON FRANCOPHONE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 3 juin 2008

Babelio : un livre, une critique.

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http://www.babelio.com/

Un grand plaisir qui donnera lieu prochainement sur ce blog et sur Babelio à la critique de

"Une année avec Gandhi : Une pensée par jour pour mieux vivre".

Christophe Rémond - Presses de la Renaissance

Merci à Babélio et à la maison d'édition pour cette opportunité.

Posté par Lune de pluie à 22:40 - 3. LITTERATURE FRANCOPHONE - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 2 juin 2008

Habitudes de lectrice...

"Quelques mots sur nos habitudes de lecteur et de lectrice", le tag que je reçois d'Aelys est plaisant. Je n'y avais jamais prêté attention... A mon tour de le proposer à toutes celles (et ceux) qui passent par ce blog.

Où et quand?

Où je me sens bien, de préférence jambes recroquevillées dans un coin de mon divan profond mais aussi à la terrasse d'un café, enveloppée des bruits de la ville...

Quand? quelques instants après le petit-déjeuner, le soir avant d'éteindre la lampe et à tous moments libres de la journée...

Comment je choisis mes lectures?

En fouinant dans les librairies (un des grands plaisirs des dimanches ennuyeux d'hiver gris), regarder le livre, le feuilleter en "diagonale", être interpellée que ce soit par une couverture, une quatrième de couverture, des mots saisis au hasard. Il y a aussi la presse spécialisée et depuis peu les visites à quelques blogs dont les billets m'intéressent et peuvent susciter intérêt et envie. Etrange, trop de médiatisation m'en détourne (je laisse alors passer le temps et si vraiment...).

Quel style de lecture?

Ai-je vraiment un style? Tout peut m'attirer. Il est vrai que je réagis très fort aux romans témoignages de vies, de faits, de société, de dissertations philosophiques, d'analyses psychologiques, d'engagements... J'aime aussi les écritures goûteuses, sensuelles, rondes, pleines... J'ai une fidélité à toute épreuve pour quelques auteurs dont j'achète systématiquement tous les livres. De même, le roman d'un écrivain que je découvre et qui m'a plu peut m'entraîner à en acquérir d'autres. J'ai un intérêt particulier pour la littérature du maghreb et un intérêt nouveau et grandissant pour la littérature japonaise.

Qu'est-ce que j'attends de mes lectures?

Rien et tout. Tout et rien. A chaque livre, son apport, son étonnement, son souffle, son ébriété, ses ouvertures et fermetures, ses découvertes et rejets. Chaque écrit est un pas dans la connaissance de soi-même, de soi-même par rapport aux autres et de soi-même par rapport au monde. Une critique négative ou mitigée ne m'empêchera pas de me procurer le livre et de me faire mon propre avis.

Mes petites manies.

Je paraphe tous mes livres, je supporte mal de prêter ("Un livre rare est un livre prêté et rendu" - j'ai quelques livres "rares" qui se promènent...), j'adore lire des extraits à haute voix et raconter les livres qui me passionnent à celui qui partage ma vie et qui, lecture et recherche professionnelles obligeant, n'a guère de temps pour lire les autres. J'emporte toujours et partout le livre que je lis.

Posté par Lune de pluie à 17:57 - DE CHOSES ET D'AUTRES... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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