mardi 1 juillet 2008
Site de la Société des Amis de Colette.
Pour information, la Société des Amis de Colette vient d'actualiser son site.
samedi 21 juin 2008
Flore et pomone en littérature - Hommage.
Rose Colette (Meilland)
vendredi 20 juin 2008
Histoires pour Bel-Gazou.
En 1930, paraissent "Regarde" et "Histoires pour Bel-Gazou".

Initier les enfants à l'oeuvre de Colette, c'est possible. Il suffit de les guider en leur lisant les dix-sept histoires extraites de plusieurs livres de Colette. Les guider? Oui, car il faut parfois "replacer" le contexte, initier au vocabulaire et aux tournures de phrases. Il y a loin entre l'enfance d'aujourd'hui et celle de Colette ou encore celle de sa fille, Bel-Gazou. Qu'à cela ne tienne, quelle belle introduction à la saveur d'une langue souvent malmenée, aux phrases bien construites, à la musicalité et à la précision de cette prose terrienne qui honore la vie à tour de pages. Les animaux et les hommes se retrouvent dans une communication dense, débitrice de leçons de vie sans tomber dans la moralisation ennuyeuse.
lundi 9 juin 2008
Puisaye et Forterre - Sur les traces de Colette.
Lire Colette, c'est s'intéresser un peu plus à la région qu'elle a tellement aimée. Saint-Sauveur en Puisaye (Montignies dans les "Claudine") conserve le souvenir de son écrivain à jamais lié à son histoire. S'y promener, c'est mettre ses pas dans ceux de la petite Gabrielle-Sidonie Colette. Les lecteurs assidus et passionnés par l'oeuvre ressentiront une pointe d'émotion en lisant les noms des rues (rue Pierre Merlou - Docteur Dutertre dans les "Claudine"...), en regardant la place d'où dégringolent les maisons à l'ombre de la Tour Sarrazine, l'horloge où se cachait Léo, le frère, pour en admirer le mécanisme, en s'arrêtant devant la stèle dédiée au curé Millot dans l'église au clocher foudroyé, en rôdant dans la rue des Vignes où l'on admire toujours la reptilienne glycine dont Colette nous a conté les méfaits, en imaginant l'inauguration de l'école (aujourd'hui la mairie)... Sans oublier bien sûr, le château devenu un subtil Musée Colette où l'on pénètre, par "impressions", l'univers Colettien.
Nous sommes dans la Puisaye, terre fertile et marécageuse, routes en lacets à travers ses taillis, aux petits étangs parsemés ça et là, invisibles à l'oeil qui ne fouille pas une nature riche, préservée, intacte. Des églises romanes au porche caractéristique qui reçoivent chaque été des concerts et l'incomparable église de Moutiers dont les peintures murales nous parlent à travers les siècles,
photos Lune de pluie
un pays de potiers où la terre grasse et ocre a permis à l'homme d'exprimer tout son savoir-faire (poterie "La Bâtisse", impressionnant Château de Ratilly...), des châteaux dissimulés, des points de vue (Perreuse, déjà en Forterre) où la Beauté rencontrée vous émeut jusqu'aux larmes..., des forêts que l'on devine giboyeuses, Guédelon où les compagnons reconstruisent à l'ancienne un château moyenâgeux, Saint-Fargeau et son impressionnant château (les combes valent le détour!) et où rôdent
le fantôme de la "Grande Mademoiselle" et l'oeil pétillant de Jean d'Ormesson... et tant de choses...
Par un glissement progressif du paysage, nous voilà en Forterre, douce, vallonnée, agricole. Un tout petit village, Lainsecq : une place arborée, quelques bancs, quelques rues, un silence que je ne connais que là, pur, un peu étouffant au début parce qu'on n'en a pas l'habitude et au bout d'une rue menant en plein milieu des champs, une ferme dans laquelle loger devient une joie tant l'hôtesse charmante, accueillante, attachante rend le séjour un peu moins anonyme.
Au-delà de la découverte grâce à un écrivain bien-aimé, il y a la rencontre avec un "pays" qui nous est entré dans le coeur et que l'on retrouve presque chaque année comme quelqu'un de familier qu'on a toujours plaisir à revoir...
Si l'envie vous prend de découvrir cette région authentique, je vous propose de consulter le blog de Mr et Mme Bourgoin : http://lainsecq.blogspot.com .
jeudi 29 mai 2008
Sido.
Trois parties dans ce livre qu'on aurait voulu plus long tant on s'y plaît : Sido, le capitaine et les sauvages. Nous entrons dans l'univers de la famille Colette. Univers fondateur qui marquera à jamais la jeune Gabrielle.
Sido, l'unique, l'incomparable à qui elle consacre dix-sept ans après sa mort ces écrits qui nous la montre, moderne presque d'avant-garde, "tutélaire", personnalité un peu effrayante par son extrême lucidité mais d'un bon sens réaliste qui ne correspond pas aux critères d'une époque où les femmes sont peu libres.
Le capitaine, le père, doux rêveur dévoué à plein temps à Sido. Ecrivain qui n'écrivit pas une ligne, il émeut et on se réjouit pour cet homme lunaire de savoir ce que devint sa fille.
Les sauvages, comme disait Sido, parlant de ses deux fils et de sa fille aînée. Achille, l'aîné aux yeux pers qui ne survécut qu'un an à sa mère adorée; Léo, le "sylphe" musicien, qui mentalement ne quitta jamais l'univers trop édénique de son enfance; Juliette, la demi-soeur, étrange, méconnue, marginalisée, enfouie depuis l'enfance dans des rêves puis dans le mal être...
Sans oublier, la Nature omniprésente, déifiée, source de connaissances, de curiosités, d'apprentissages et de ressourcements. La vie s'y enseigne, s'y comprend, s'y respecte.
Le village et les secrets révélés par les jardins mitoyens, les parties de campagne (!) organisés par le père citadin (à l'étang de la Guillemette qui leur appartenait)...
Lire ce livre, se promener à Saint-Sauveur et dans les environs, c'est mettre ses pas dans l'histoire, c'est toucher, voir et sentir ce qui constitue Colette dans le plus profond de son esprit. C'est déguster sur place tout ce que sa prose éveille en nos sens éblouis.
photo du fascicule de l'exposition 1992 qui eut lieu à Saint-Sauveur au château ("deux pièces furent recréées" - la salle à manger et la chambre à coucher du rez-de-chaussée). Ce court livret retrace l'histoire des possessions de la famille Robineau-Duclos, l'arrivée de Sido, son mariage avec celui qui deviendra le père de l'écrivain, etc... Recherches de Marguerite Boivin.
vendredi 16 mai 2008
La seconde.
L'année 1928 voit paraître un texte sur la poétesse Renée Vivien
(1877-1909 - de son vrai nom Pauline Tarn) - texte qui sera repris dans "Le Pur et l'Impur" (1932 -"Ces plaisirs"- réédité sous l'autre titre en 1941).
1929
Ce roman fut achevé le 31 décembre 1928, au château d'Ardenne, en Belgique, "un peu avant les douze coups de minuit". Ce roman particulier traite de la solidarité féminine face à l'homme séducteur et aimé. L'accueil critique et convenu ne se fit pas attendre. Deux femmes soudées face à la toute puissance masculine ne pouvaient que choquer des consciences étriquées et conservatrices. Parallèlement, Colette, alors épouse de Henry de Jouvenel qui vivait une liaison avec la couturière Germaine Patat, se lia d'amitié avec cette dernière (toujours chez Colette, la fiction/réalité). Ce livre est bâti sur fond de milieu théâtral parisien de l'époque. On y suit Farou, auteur en pleine création, comédiens et comédiennes (rivalités, séduction...), échanges d'esprit piquants, "avant-première", personnages roués, etc... La première partie du livre nous donne quelques splendides descriptions de la Franche-Comté. Toute la sensualité d'une Fanny un peu grasse s'y épanouit et la mélancolie d'une Jane, "la seconde", s'y étiole un peu plus. Les deux héroïnes finiront par se rejoindre et parviendront à créer un climat amical qui rendra mal à l'aise "l'homme" désarçonné par l'ambiguïté de cet accord. Il y aussi "le petit Farou", adolescent mal dans sa peau, amoureux, graine d'homme à croquer. On ne peut s'empêcher de penser à Phil (le Blé en herbe), à Chéri et à... Bertrand (fiction/réalité). Pénétrer les dédales de l'âme humaine, ceux de l'âme féminine et ses rapports amoureux, voilà de quoi lire et relire ce livre qui ne livre pas tout à la première lecture.
Je signale l'excellent téléfilm de Christopher Frank (1942-1993) avec Anny Duperey (Fanny), Catherine Sihol (Jane) et Jean Rochefort (Farou) que l'on a pu voir en 1990 à la télé. L'atmosphère y était parfaitement rendue et les comédiens investissaient subtilement les personnages et leurs caractéristiques .
samedi 10 mai 2008
La naissance du jour
"Imaginez-vous, à me lire, que je fais mon portrait? Patience : c'est seulement mon modèle."
"Au cours des heures où je me sens inférieure à tout ce qui m'entoure, menacée par ma propre médiocrité, effrayée de découvrir qu'un muscle perd sa vigueur, un désir sa force, une douleur la trempe affilée de son tranchant,..."
"... debout, aux aguets sur un monde endormi, éveillée, comme elle fut, comme souvent je suis, avant tous..."
"Les chiens, déjà retirés du monde, penseront à l'aube prochaine, et j'aurai le choix entre le livre, le lit, le chemin de côte jalonné de crapaux flûteurs..."
"Aurais-je atteint ici ce que l'on ne recommence point?"
"D'instinct, j'aime acquérir et engranger ce qui promet de durer au-delà de mon terme."
"Car rêver, puis rentrer dans la réalité, ce n'est que changer la place et la gravité d'un scrupule..."
"Une femme se réclame d'autant de pays natals, qu'elle a eu d'amours heureux."
"Souffrir, c'est peut-être un enfantillage, une manière d'occupation sans dignité - j'entends souffrir, quand on est femme par un homme, quand on est homme par une femme."... Ce genre de douleur-là ne mérite aucune considération. Ce n'est pas plus vénérable que la vieillesse et la maladie, pour lesquelles j'acquiers une grande répulsion : toutes deux voudront bientôt me serrer de près. D'avance je me bouche les narines... Les malades d'amour, les trahis, les jaloux doivent sentir la même odeur."
"Un âge vient où il n'est plus donné à une femme que de s'enrichir." (Colette écrit cette phrase au moment où l'amour resurgit dans sa vie)
"M'émerveillerai-je assez des bêtes?"
"Tu sais, on va t'emmener chez Colette, mais on te rappelle qu'elle n'aime pas les cris d'oiseaux, ni les aperçus littéraires..."
"La mort ne m'intéresse pas - la mienne non plus."
"Il est vrai qu'à être souvent dupée je n'ai pas appris la défiance..."
"La catastrophe amoureuse, ses suites, ses phrases, n'ont jamais, en aucun temps, fait partie de la réelle intimité d'une femme."
"Voilà le fruit - à une saison de la vie où je n'accepte que la fleur de tout plaisir et le meilleur de ce qu'il y a de mieux, puisque je ne demande plus rien -..."
"Homme, ma patrie, tu demeures donc l'aîné de mes soucis?"
"Car, si femmes et jeunes filles reçoivent des hommes, sans broncher, des compliments sur les attraits précis de leur corps, une louange féminine les flatte mieux, les pare ensemble d'une gêne et d'un plaisir parfois assez profonds."
"Le desserrement floral de la main d'un nouveau-né."
"Ma journée n'a pas été une douce journée. J'ai encore des jours et des jours devant moi, je suppose ; mais je n'aime plus les gâcher."
"Tous les travaux que je n'aime pas sont ceux qui réclament de la patience. Pour écrire un livre il faut de la patience, et aussi pour apprivoiser un homme en état de sauvagerie, et pour raccommoder du linge usé, et pour trier les raisins de Corinthe destinés au plum-cake. Je n'aurai été ni bonne cuisinière ni bonne épouse, et je coupe les ficelles la plupart du temps au lieu de dénouer les noeuds."
"En ces jours passés je pensais beaucoup à Vial. Aujourd'hui, je pense bien plus à moi, puisque je le regrette..."
Ode à ce livre, sucs et réminiscences, prose et poésie, réalité fiction, louange, chant, chaleur où la fatigue se fait douce et la paresse, un art de vivre... "La naissance du jour" occupe une place à part dans l'oeuvre de Colette. Elle s'y "livre" et se dérobe. Elle nous "livre" bien des sentiments et des réflexions parmi lesquels nous pouvons nous retrouver. Elle nous donne une énergie, un amour de la vie intense, l'envie de la dévorer à tout âge. J'ai lu ce roman (en est-ce un?) dès l'adolescence, il m'apparaissait mystérieusement parlant de choses que je soupçonnais et pour lesquelles je devais me préparer. Une décennie plus tard, la clarté commença à surgir et je fus étonnée lors d'une lecture commune de voir les réactions épidermiques de mon autre. Deux décennies après, nous en goûtons les moindres phrases et en mesurons richesse et sagesse. Puissé-je dans deux décennies me dire "Je suis la fille spirituelle de celle qui écrivit ce livre..."
vendredi 9 mai 2008
La fin de Chéri
Colette disait qu'elle avait eu beaucoup plus de difficultés à traiter "La fin de Chéri" que "Chéri". L'enfant gâté a grandi. La guerre (14/18) est passée par là et comme beaucoup d'hommes, Chéri en revient envahi d'un mal être qui le rend tour à tour misanthrope, jaloux et atteint d'un spleen dont il ne se libérera que par la mort salvatrice. Il ne lui était plus possible de croire en l'homme. Quant à l'amour, le seul véritable qu'il ait connu, le Temps l'a balayé, transformé. La belle Léa est devenue la vieille Léa dont "La jupe unie, la longue veste impersonnelle entr'ouverte sur du linge à jabot, annoncaient l'abdication, la rétraction normales de la féminité, et une sorte de dignité sans sexe". Il n'en faut pas plus pour que la neurasthénie dont souffre violemment Chéri s'entretienne et le maintienne: "Désormais, je n'occuperai partout que la moitié d'une place...". Léa et la guerre l'ont à jamais "maintenu hors du temps". C'est un de ces romans foisonnants de détails psychologiques qui prêtent à analyse, réflexions et échanges divers sur la condition de l'homme meurtri et désabusé par des conflits qui le dépassent et sur l'amour, l'unique amour dont il est dit que l'on en meurt.
vendredi 2 mai 2008
Parution de l'année 1925.
L'année 1925 voit paraître "Quatre saisons" qui actuellement précède en livre de poche "Le Voyage égoïste". Il s'agit de diverses chroniques plus savoureuses les unes que les autres.
La même année sortira la fantaisie lyrique en deux parties, "L'Enfant et les sortilèges", écrite par Colette et dont la musique a été composée par Maurice Ravel. Merveilleux conte musical qui nous raconte la punition d'un méchant enfant par tous les objets et animaux qu'il a malmenés. Poésie, humour, sensibilité, jeux de sons, jeux de mots, c'est un régal à lire, à écouter, à voir.
mardi 22 avril 2008
Aventures quotidiennes.
Ces chroniques parues dans "Le Figaro" et publiées chez Flammarion ont été probablement mises en vente en janvier 1925 (copyright 1924). Elles ont été reprises en 1949 par l'édition du Fleuron (sauf "Accidents de printemps", "Foules", "L'Usurpateur" et "Fugue"). En 1973, l'édition du Centenaire chez Flammarion reprend l'édition du Fleuron. Elles ont seulement été réeditées lors de cette dernière publication et depuis lors reprises dans l'édition de la Pléiade qui constitue actuellement l'édition la plus complète et la plus fidèle. (Source La Pléiade - Tome III)
Les notes et variantes en permettent une lecture très précise. En effet, dans l'actualité de l'époque évoquée par Colette, nous croisons des faits de société aujourd'hui disparus ou oubliés ou mal connus et des préoccupations toujours présentes (la femme et la voiture, les assassins célèbres, les portraits de comédiennes comme la Duse ou encore Sarah Bernhardt, les doubles vies, le cinéma, etc...).
Comme toujours, Colette a la phrase qui fait mouche, le trait juste, la description savoureuse qui donne tout son suc à la vie quotidienne, à ses aventures banales et anodines comme à ses déviances.














