Vivre en un jour les quatre saisons

Atmosphères et perceptions ...

mercredi 4 juin 2008

Simonetta Greggio - Etoiles.

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Nouvelle, fable moderne, etc... Il est vrai que la brièveté de cet écrit nous laisse sur notre faim... Oh!  s'agirait-il d'un "livre apéro" destiné à titiller légèrement nos sens appauvris et aseptisés par des nourritures insipides mais pratiques pour la "ménagère de moins de cinquante ans" ? Cette prose gourmande fait fondre d'envie. Rechercher, toucher, préparer des ingrédients offerts à l'autel de l'amour par l'amour qui se joue patient, félin, gourmet est certes le plus raffiné et complet des plaisirs. Simonetta Greggio compose ici un poème à l'honnêteté culinaire (Gaspard) et une élégie amoureuse (Gaspard et Stella). Cela se lit amer ou sucré comme certains apéritifs, cela se boit sans surprise mais gouleyant et charnu, cela donne des envies de nuit tiède, de paroles "candi", de mets féériques... Recueil délicat.

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mercredi 28 mai 2008

Dahl Roald - Charlie et le grand ascenseur de verre.

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La suite de Charlie et la chocolaterie ne peut qu'enthousiasmer les jeunes lecteurs. Le rythme endiablé, le suspens, la folie, le rire sont au rendez-vous. Roald Dahl disait "J'essaie d'écrire des histoires qui les saisissent à la gorge, des histoires qu'on ne peut pas lâcher. Car si un enfant apprend très jeune à aimer les livres, il a un immense avantage dans la vie." Donnons donc ces deux romans aux très jeunes lecteurs, il est exact que même moi adulte, il m'était difficile de "lâcher". Des allusions "éducatives" apparaissent ça et là (les médicaments - les hommes politiques - la vieillesse...) habilement éparpillées dans les aventures, sans lourdeur morale qui pèserait et donnerait aux enfants un goût de "il faut, il ne faut pas; tu dois, tu ne dois pas" qui abîme tant le plaisir. Il est tellement bon d'apprendre sans s'en rendre compte.

Billet tome 1.

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mardi 27 mai 2008

La douceur des hommes - Simonetta Greggio.

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Tout d'abord hommage à l'écriture vibrante et chaleureuse du premier roman d'un auteur italien écrivant en français. Livre aux personnages attachants, une Fosca octogénaire, riche d'expériences amoureuses qui livre à Constance (tiens, comme dans "L'Amant de Lady Chatterley" auquel l'auteur fait allusion lorsqu'elle introduit dans l'histoire, Olivier, le jardinier poète comme l'était Mellors) les fruits de ses rencontres et de ses douces amours. De belles phrases interpellantes où prédominent des envies féminines d'être mieux comprises, plus libres dans les choix et les désirs amoureux (l'histoire se répète). Sous les senteurs aillées de l'Italie et du Sud, sous les relents amers du bitume parisien, Simonetta Greggio nous envoie odeurs et couleurs qui se croquent à chaque étape de la vie. Elle ébauche et évoque la perte du désir et celle d'être désirée (je n'ai pu m'empêcher de penser à certains romans de Colette - "La fin de Chéri" - "La naissance du jour"). Sensualité à dévorer. Surtout ne pas laisser échapper une miette de la profusion à portée de mains, de lèvres et... d'amours. "Bouffer" la vie! "... la souffrance vient de la résistance au changement...", dit Fosca quelques instants avant de mourir. Rien que cette phrase, quelle leçon!

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samedi 24 mai 2008

Quartier lointain (tome 2) - Jirô Tanigushi.

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Le deuxième tome conforte l'intérêt et le plaisir ressentis lors de la lecture du premier. Il va plus profondément dans le regret de ne pouvoir agir sur le cours des événements et soulève une remise en question de notre propension à penser en termes de "et si? ". Mais surtout, il nous montre la nécessité d'être vigilant à ce et à ceux qui nous entourent. C'est une très jolie histoire racontée simplement. Et dans cette simplicité, nous nous retrouvons face à nous-mêmes.  Que faut-il de plus?

Billet sur le tome 1.

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mercredi 7 mai 2008

Kazuo Ishiguro - Les vestiges du jour

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Il y a beaucoup de pudeur dans ce livre confession. Le majordome Stevens avec ce ton qui n'appartient qu'à lui : délicieusement suranné, truffé de non-dits, retenu et digne, nous conte les vestiges d'une époque, d'une société et d'une profession. Dès qu'on a pénétré au coeur de cette "langue barrière", tout se dresse devant nous : la campagne anglaise, les domaines, les objets chargés d'histoires, les allers et venues des serviteurs, la conscience professionnelle de celui dont le destin aura été de servir, conscience tellement poussée, qu'à nos yeux, il en sacrifie sa vie. A nous d'admirer son éthique, à nous de frémir devant tant de réalisations personnelles gâchées... L'Histoire aussi est tapie à l'ombre des "grands" de ce livre. Livre d'un japonais (éduqué en Angleterre) et qui deviendra, s'il ne l'est déjà, un grand classique de la littérature britannique. Livre qui fut l'objet d'un magnifique film du même nom et réalisé par l'américain James Ivory. Stevens a d'ailleurs pris les traits du magistral Anthony Hopkins. La lecture distille une nostalgie empreinte d'une tristesse qu'on ne peut s'empêcher d'aimer. Tout cela donne envie d'y retourner dans quelques temps...

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mardi 6 mai 2008

Mary Westmacott - Loin de vous ce printemps

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Hé oui, Mary Westmacott est le nom qu'Agatha Christie a choisi pour publier d'autres romans que les très célèbres policiers auxquels nous sommes habitués. "Loin de vous ce printemps" nous fait pourtant penser à une enquête mais le détective est l'héroïne elle-même qui au cours d'un voyage de retour de Bagdad et à cause des crues se trouve pendant une semaine bloquée dans un relais en plein désert. Qu'y faire? Cette anglaise si disciplinée et réservée se retrouvera face à elle-même et à "ses nerfs" peu accoutumés à s'exprimer. L'introspection l'entraînera loin et aboutira à une découverte d'elle-même, de ses rapports avec mari, enfants, amis et société. Le résultat sera une remise en question qui malheureusement portera peu ses fruits étant donné les non dits qui perdureront malgré cette expérience qui, quoique bouleversante, voire horrible, aurait pu aboutir à un enrichissement pour tous. Dans les souvenirs évoqués par Joan Scudamore, il y a bien sûr des situations typiques de société des années 1930/1940 (s'y profile la menace de la 2ème guerre mondiale) mais aussi un regard sur l'éducation donnée aux adolescents (certains dires sont tout à fait d'actualité, d'autres telles les notions de mariage ou de travail extérieur pour la fille "datent"...). Dès les premières pages, je me suis sentie "happée" par l'atmosphère (les lieux, les tourments internes du personnage...) et interpellée par les diverses réflexions (notamment la notion de choix dont découle toute existence). J'ai beaucoup aimé ce roman et cette façon qu'a l'auteur de nous mettre en situation et de ne nous lâcher qu'à la dernière ligne où nous regrettons déjà de quitter héros et ambiance.

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mardi 29 avril 2008

Stéphanie Barron - Jane Austen et l'héritage du comte

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Il fallait une spécialiste avérée pour oser de tels livres. Stéphanie Barron (1963) née en Nouvelle-Angleterre l'est sans aucun doute. Imaginer Jane Austen en héroïne "détective" et parvenir à nous y faire croire est l'oeuvre d'un écrivain hors pair et hyper documenté. Tout y est : la famille Austen, les cottages, l'atmosphère, la province campagnarde, les manières et surtout le "ton", les "tons". Ce judicieux mélange permet de pénètrer complètement dans ces aventures sans crier au sacrilège. Oui c'est un policier mais il a ce je ne sais quoi en plus qui ne peut que ravir les amateurs non seulement de littérature typique mais également les admirateurs de Jane Austen. Dans celui-ci, Jane, après le décès de son amour, retourne à Chawton Cottage dans le Hampshire. Cet admirateur lui a légué une malle contenant correspondances secrètes et journaux intimes avec pour mission d'écrire son histoire... Le retour au pays du clan Austen provoque quelques remous, à vous de les découvrir. Pour moi, plus qu'enquète et mystère, c'est la re/création d'une époque et d'une société "so british" qui m'a passionnée.

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mercredi 23 avril 2008

Jirô Taniguchi - Quartier lointain (tome 1)

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Mon "premier" manga et j'irai acheter le tome 2 prochainement. Oui je me suis laissé prendre (et détendre) par cette bande dessinée. J'ai patiemment pris le temps de bien regarder les dessins et pas uniquement de lire, lire. Loin de moi l'idée de "rejeter" ce genre : il ne fait simplement pas partie de mes habitudes. "Quartier lointain" m'a plu en ce qu'il "remue" en nous cette envie de recommencer un passé en "sachant" et en bouleversant le cours des choses comme nous le souhaiterions. Vieux rêve que l'homme fait à travers toutes les générations. Ancien fantasme qui soulage les tensions comme tout rêve éveillé aide à nous dépasser. Mécanisme bien naturel de défense lorsque nous nous attristons face aux erreurs que nous nous attribuons. Et si c'était à refaire? L'histoire de Hiroshi nous accroche et on a envie de savoir. Elle dépasse le simple conte en lui donnant une allure "philosophique". Adolescent et homme mûr s'entremêlent et nous font redécouvrir les différences entre les âges d'une vie : il est illusoire de regretter quoi que ce soit... Des dessins sans couleurs aux lignes épurées, des croquis et un texte qui se complètent et fusionnent sans que l'un prédomine sur l'autre et cette sobriété est agréable.

Billet sur le tome 2.

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samedi 19 avril 2008

Yoko Ogawa - La Formule préférée du Professeur

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Oh! que ce livre est beau! Au-delà d'un huis-clos qui aurait pu être étouffant, Yoko Ogawa réussit un tour de force : nous "poser" dans un coin de la pièce un peu vieillote, sentant le renfermé, d'un pavillon fragile au bout d'un jardin. Un ancien professeur de mathématiques y vit, doté, après un accident, d'une mémoire de seulement quatre-vingt minutes. Vous pouvez imaginer ce que cela représente et peut avoir de pénible. Une aide-ménagère, avec délicatesse et subtilité, parviendra à créer une véritable communication allant au-delà de ce handicap. Tout simplement parce que le respect et l'empathie ouvrent des portes, malgré la différence. Son fils fera partie de cette aventure qui les liera tous les trois à jamais jusqu'à la disparition naturelle du vieil homme. Nous suivons cette amitié indemme de laideur et faite de transmissions qui pèseront sur l'avenir de l'enfant.  Son ciment principal est les mathématiques auquelles la plume de Yoko Ogawa attribue une poésie que j'ai rarement rencontrée. C'est avec une machine à calculer en main que j'ai poursuivi ma lecture, étonnant la réfractaire aux chiffres que je suis. Voilà qu'elle a réussi avec cette histoire à me les faire appréhender autrement ou du moins à en apercevoir la beauté que je croyais uniquement littéraire et artistique. Il y dans ce livre des mots de tendresse, des sourires et tellement de rêves qui en découlent... Oh! que ce livre est beau!

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vendredi 18 avril 2008

Roald Dahl - Charlie et la chocolaterie

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A partir de 9 ans, pas de problème, pas de gêne...  Avec délectation, j'ai eu neuf ans pendant deux heures. J'ai adoré et visité la chocolaterie Wonka avec l'envie de me promener sur la rivière de chocolat et que Mr Willy Wonka m'offre un verre de ce breuvage divin qu'il a créé. J'ai pénétré, curieuse, dans toutes les pièces auquelles ce magicien philosophe nous donnait accès. Bref, j'ai aimé ce livre (et n'ai pas vu le film) plein de gourmandises et... de bons sentiments. Il date déjà de 1964 et est devenu un classique de la littérature jeunesse. On comprend pourquoi, il est fascinant.

Petite fille, j'ai lu "Histoire d'un Casse-noisette" d'Alexandre Dumas. J'avais également été fascinée par le village de "Confiturembourg" où des fontaines de jus de fruits, des murs en massepain, etc... faisaient palpiter fantasmes et papilles. Je ne peux m'empêcher d'établir un parallèle : le rêve à partir des nourritures enfantines préférées, le monde parfait en sucre fondant comme la bonté, message que chacun de ces auteurs essayent d'inculquer au jeune lecteur.

Billet tome 2.

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