Vivre en un jour les quatre saisons

Atmosphères et perceptions ...

jeudi 19 juin 2008

La femme la plus riche du Yorshire - Fouad Laroui.

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Sentiment étrange. Le début du livre m'intriguait, créant cette envie de savoir. Cependant, les aventures de ce "docteur en économétrie" parti à York et occupant ses moments de loisirs à de l'ethnologie ne m'ont pas passionnée. Pourquoi? L'ironie était parfois au rendez-vous dans ces caricatures (?) britanniques des habitués d'un pub et d'une femme étrange, autoritaire, marginale, riche plus qu'il ne le faut pour vivre tous ses caprices. Certes la ville de York se dressait pendant tous les chapitres (permettant aux amateurs de villes anglaises d'en imaginer l'atmosphère). Adam, le héros volontairement naïf ou pas, nous fait pénétrer dans un monde moins factice qu'on pourrait l'imaginer. Mais qu'a voulu montrer ou démontrer l'auteur? "Le plus nul des ethnologues", phrase qui clôt le livre, nous enseigne qu'il est indécent de porter un jugement rapide sur les autochtones et qu'il est bon de se débarrasser de tous ces a-priori qui entravent toute communication. Cela se lit facilement mais en ce qui me concerne, ne m'a rien apporté...

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mercredi 11 juin 2008

Sur ma mère - Tahar Ben Jelloun.

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C'est effondrée que j'ai posé ce livre. Plusieurs lectures sont possibles. La mienne fut à fleur de peau et le coeur soumis à rude épreuve... Dans ce roman-biographie commencé en 2001, terminé en 2007, Tahar Ben Jelloun rend un hommage fort et vibrant à sa maman malade qu'il découvre et redécouvre alors qu'elle s'enfonçe de plus en plus dans une nuit qui maintenant l'a recouverte tout entière, à jamais dissimulée aux yeux de tous mais présente, ô combien, dans les lignes et entre lignes de ce puissant cri d'amour. L'auteur replonge dans un Maroc des années trente et quarante où la femme soumise et souvent analphabète donnait comme unique sens à sa vie le dévouement à un époux et à ses enfants. Nous pleurons parce que nous comprenons que cette femme n'a pas été aussi heureuse qu'elle l'aurait mérité mais nous nous réjouissons de l'amour tutélaire dont l'enveloppe son fils et dont elle enveloppe ses enfants. De très beaux et graves moments soulèvent le problème de notre société actuelle : cet éloignement de la personne âgée et malade, ces ghettos, quels que soient les noms qu'on leur donne... Beaucoup de réflexions sont soumises à notre entendement et à notre coeur par Tahar Ben Jelloun, au-delà de sa propre histoire. Il m'a fallu du temps pour écrire ce court billet, il y a des livres qui requièrent un silence particulier et dont on ne peut parler qu'après l'avoir apprivoisé. Les paroles semblent dérisoires... Les actes se voudraient courageux...

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jeudi 5 juin 2008

Jean Teulé - Le magasin des suicides.

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Ce livre! On en a tellement parlé, on en parle encore... Mes rires sonores ont retenti dans la maison. L'humour noir, les référents, les connotations m'ont rapidement entraînée dans l'absurde énorme, la monstruosité rigolarde... jusqu'à une certaine lassitude vers la centième page. Le procédé ne se renouvellait pas, s'essouflait même et la fin se profilait comme je pouvais la prévoir. Dommage!

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mardi 3 juin 2008

Babelio : un livre, une critique.

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http://www.babelio.com/

Un grand plaisir qui donnera lieu prochainement sur ce blog et sur Babelio à la critique de

"Une année avec Gandhi : Une pensée par jour pour mieux vivre".

Christophe Rémond - Presses de la Renaissance

Merci à Babélio et à la maison d'édition pour cette opportunité.

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vendredi 30 mai 2008

Michel Pastoureau - Dominique Simonnet - Le petit livre des couleurs.

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Dominique Simonnet a interrogé l'historien et anthropologue Michel Pastoureau sur le monde des couleurs : bleu, rouge, blanc, vert, jaune, noir et sur celui des demi-couleurs : gris pluie, rose bonbon. Le voyage est passionnant et nous apprend une foule de petites choses que l'on ressent inconsciemment ou que l'on découvre. Les symboles qu'elles véhiculent nous éclairent aussi sur nombre de nos traditions (environnementales, culturelles, religieuses...) et les préjugés qui en découlent. L'Histoire nous renseigne sur l'évolution de telle ou telle couleur mais aussi sur l'évolution des mentalités. Pourquoi réagissons-nous négativement ou positivement au bleu ou au noir (ou autre couleur), c'est ce que nous découvrons. Toutes ces paroles que nous prononçons : rire jaune, voir rouge, vert poison... et... pourquoi le petit chaperon est-il rouge?... et... pourquoi la voiture (cela évolue) d'un chef d'état est-elle noire? et... pourquoi une nappe verte sur la table d'un jury?, etc...  Nos goûts sont moins innocents qu'on ne le pourrait croire. L'influence nous guette. Que ce soit dans notre vie quotidienne, en matière de mode, en recherche artistique, assumons-nous vraiment et en toute liberté nos goûts? D'une lecture très aisée, ce petit livre ouvre nos yeux sur bien des subtilités...

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mardi 20 mai 2008

Annie Ernaux - Les Années.

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Océania, par le biais de son blog, m'a fait découvrir des extraits de ce livre, extraits qui m'avaient séduite. Je me le suis donc procurée. Lecture vertigineuse qu'on ne peut surseoir tant on découvre, tant aussi on re/connaît, soit par ce qu'on a soi-même vécu, soit par les histoires entendues et que notre oreille d'enfant puis d'adolescente a mémorisées. Annie Ernaux les ramène à notre conscience. Aucune nostalgie (tant mieux!), aucun attendrissement : les "années" coulent, charriant petite histoire, Histoire dans toutes ses acceptions, évolution de la société et aventure féminine à travers les décennies commençant juste après la seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. Ecriture, style, pensée, réflexions sont sans conteste ceux d'une femme.  Les noms oubliés, les habitudes langagières, les gestes d'une époque, les rêves et idéaux disparus parsèment ce ruban qui se déploie, tour à tour émouvant, interpellant, remuant, sous nos yeux de lecteurs et lectrices. Ce livre est à mettre entre les mains de celles et ceux qui ne savent où se situer dans cette décennie individualiste, moins passionnée peut-être, souvent en attente de promesses où le miroir aux alouettes se dissimule derrière ces pépites vite consommées qui ne font pas le bonheur (mot suspect), ni la vie... Tout s'enchaîne et s'explique : chaque période renferme les germes de la suivante dont les générations successives tirent les enseignements et conséquences. On ne peut éviter de se poser beaucoup de questions sur les années actuelles. A quoi aboutiront-elles et qu'offriront-elles?  L'autobiographie n'empêche nullement que chacun y trouve et y retrouve quelque chose qui l'apparente à la grande famille humaine, quels que soient les goûts, les choix, les désirs, les réalisations, les chemins qu'il ait pris. "Toutes les images disparaîtront", pas toutes, puisque cette oeuvre dense existe ("Le Temps retrouvé").

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samedi 5 avril 2008

Anna Gavalda - Ensemble, c'est tout

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Certes ce n'est pas de la grande littérature, c'est même carrément une littérature à l'eau de rose comme on peut lire parfois à l'adolescence. Ne tombons cependant pas dans la prétention de ne lire que ce qui est difficile, hermétique, spirituel, châtié, de fond élevé, de forme parfaite. On ne retrouve pas ces qualités dans ce livre mais on y passe un moment de détente grâce au sucré des bons sentiments développés à tour de pages. Il n'y a pas de mal à se laisser aller et de ressentir ce qui rendrait la vie un peu plus aimable : l'acceptation des différences (milieu social, âge, quotient intellectuel, etc...). On rit, on a l'oeil qui picote, on fait semblant d'y croire sinon on refermerait  le livre tellement l'énormité des clichés, des lieux communs, des personnages est continue. On se promène à travers toutes les revendications d'une époque, de désirs bien réels, d'envies de vivre sans toute cette pourriture qui les empêche. Il y a aussi ce besoin de croire encore et encore à l'amour, au véritable amour et à l'amitié sans calcul, réelle, respectueuse. Cela fait battre le coeur comme aux premiers émois... Je crois que ce roman doit son succès à toutes ces composantes. Quant au style, au vocabulaire, ils sont aussi le reflet d'une manière d'être. Littérature "de gare" diront certains, peut-être, mais sociologiquement, elle est parlante et présente (chaque époque a eu la sienne). A condition de ne pas se cantonner  dans ce style, il n'y a aucune raison de la rejeter.  Je me suis prise au jeu et je me suis bien amusée (beaux passages que celui de la préparation du repas de réveillon et celui où Camille explique sa vocation artistique)... comme lorsqu'on regarde un téléfilm qui détend après une journée de travail.

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vendredi 21 mars 2008

Mazarine Pingeot - Le cimetière des poupées

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La polémique autour de ce livre et autour de qui est Mazarine Pingeot, je veux l'ignorer et simplement lire une jeune romancière talentueuse, ce qu'on semble oublier parfois tant le "people" recouvre de poussière (grise ou rose, à votre guise) toute personne dont l'identité est devenue publique. Oui, j'ai de la tendresse pour cette romancière, oui j'ai beaucoup aimé son livre "Bouche cousue" et je ne l'ai pas enviée ni plainte, à chacun son destin, il y en a de pires. Mais il me semble injuste de faire porter le poids de sa naissance sur chaque parole, chaque écrit qu'elle peut commettre. Le sujet de l'infanticide dont elle traite avec pudeur est un sujet qui dérange, qui révolte, que l'on ne peut comprendre. Comprendre signifierait pardonner et cela semble impossible. Pourtant dans la longue lettre de cette mère, dans cet immense appel au secours, dans ce cri d'amour difficile à accepter, dans cette brimade vécue depuis l'enfance, un être humain demeure qui nous écorche. Compassion difficile certes, mais compassion tout de même malgré l'horreur. Compréhension à petits pas dans le vécu d'une enfant, d'une jeune fille puis d'une femme ignorée, malmenée, soumise, s'excusant sans arrêt, se justifiant, donc, étant coupable aux yeux de ces autres "monstres" bien dissimulés sous leurs oripeaux de gens bien-pensants, d'ordre et de savoir être dans le paraître. Il y aura toujours les forts et les faibles, les dominants et les dominés, chacun jouant son rôle soit bien soit mal. Et cette femme infanticide qu'on ne peut aimer alors que c'est tout ce qu'elle demandait : être re/connue, on peut au moins tenter de l'entendre et de la comprendre par le biais de la plume de Mazarine Pingeot. Plume tour à tour sèche, parfois trop "construite" dans un sens scolaire, un peu redondante et touffue mais qui ne laisse pas indifférent.

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Rochelle Fack - Les Gages

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J'abandonne rarement un livre, j'ai lu celui-ci en regrettant ne pas l'avoir fait. Descente en enfer d'une femme, degré moins zéro de l'existence, mots orduriers, amours sales et salies, baves, glaires, éructations, on en sort la nausée aux lèvres. Si c'est cela que cherche l'auteur, il a gagné mais moi aussi j'ai gagné : je n'achèterai pas ses autres livres. Style fatigant, décousu, idées coupées en plein élan, allers-retours incessants (oui, on a compris, on n'est pas si bête que ça...) bref offrez-le à ceux que vous n'aimez pas et riez de votre petite vengeance qui est si mièvre à côté de la boue dans laquelle l'héroïne s'enfonce  :)  Cela dit, je ne serais pas fière d'en faire cadeau à qui que ce soit. Psychanalytiquement (ou est-ce du domaine psychiatrique?), il y aurait sûrement beaucoup à relier, beaucoup à dire mais cela n'est  pas mon propos ni mon envie. 

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mercredi 19 mars 2008

Thomas Gunzig - Mort d'un parfait bilingue

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Terminant ce livre, je me suis questionnée : mais que m'a-t-il apporté? Pas grand chose que je ne sache, je ne ressente, je ne soupçonne. Il se lit cependant très facilement, l'écriture rythmée nous y pousse. L'absurde nous fait sourire voire rire. Les comparaisons, les images interpellent parce qu'elles sont inhabituelles, personnelles, neuves, originales. Voilà bien des qualités, mais l'histoire! Une fois de plus, la nouvelle génération interpelle avec ses récits désabusés ou violents. En cela, n'est-elle pas le reflet de notre société dans laquelle le beau trouve de plus en plus rarement sa place? Bien sûr, tout dans ce roman est exacerbé : la presse, l'audit, l'irrespect jusqu'à l'inhumanité, la pub, la guerre en direct... cela rappelle quelque chose, quelle interpellation! Ce monde en dérive est monnaie courante chez les jeunes romanciers, Thomas Gunzig n'y échappe pas sur le fond. Quant à la forme, il a sa propre marque.

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