Vivre en un jour les quatre saisons

Atmosphères et perceptions...

jeudi 25 juin 2009

La vie devant ses yeux - Laura Kasischke.

Num_riser0004

Livre qui, d'après la lecture d'autres critiques, ne laisse pas indifférent, passionne ou agace. Je l'ai apprécié, prise immédiatement par l'atmosphère dans laquelle évolue Diana. Une réalité quotidienne banale, trop sucrée, entre une fille de huit ans, un mari professeur plus que séduisant. Tout au long de ces journées édulcorées, il y a cependant une nature présente qui, elle, évolue. Les jeux de lumière évoqués, l'obscurité, la chaleur , la pluie, etc... soutiennent, immuables, inéluctables, une vie qui avance. Femme de quarante ans qui se remet en question, flash-back de l'adolescente qu'elle fut et du drame qu'elle vécut... Oui mais, certains détails troublent, sommes-nous vraiment dans la réalité ou sommes-nous dans une vie rêvée? L'épilogue est déroutant. Rejoint-il, comme je l'ai ressenti, ce prologue qui donne la chair de poule? "La vie devant ses yeux" est-elle cette vie que Diana, culpabilisée, mourante, s'imagine ou l'a-t-elle vécue? Serions-nous dans le fantastique?

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mercredi 24 juin 2009

L'allure de Chanel - Paul Morand.

Num_riser0005

"Coco" est à la mode. Pour en savoir un peu plus sur ce "personnage", le livre de Paul Morand fourmille en découvertes, en anecdotes, en témoignages et en coups de g... de la grande dame de la couture. En 1946, l'écrivain passa quelques temps dans le même hôtel de Saint-Moritz avec la couturière. S'ensuivirent des conversations que Paul Morand retranscrivit et qui devinrent des années plus tard ce "L'allure de Chanel" considéré comme "la plus flamboyante des oeuvres consacrées à Chanel". On y croise de nombreux artistes de l'époque comme Diaghilev, Picasso... On y trouve évoquées les amours de la dame : Boy Capel, Westminster... On y lit les conceptions prônées en matière de mode et qui révolutionneront l'art d'habiller la femme. On y découvre une femme intelligente, âpre, dure, orgueilleuse (elle insiste beaucoup sur cette vertu), autoritaire et méprisante mais seule, terriblement seule... Un témoignage d'une époque, d'un monde et d'une femme qu'on pourrait se prendre à détester tant ses certitudes sont dérangeantes.

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mardi 23 juin 2009

Les belles Années de Mademoiselle Brodie - Muriel Spark.

Num_riser0006

C'est un livre très facile à lire et qui ne lasse pas. Pédagogiquement, il amène beaucoup de réflexions sur les dangers d'une trop grande main-mise sur de jeunes esprits. Ce personnage de Mademoiselle Brodie me paraît plus que suspect non seulement dans sa manière d'enseigner mais également dans sa personnalité égoïste et manipulatrice. Son rejet de l'élève Mary MacGregor est à mettre au pilori. Ses anecdotes sur sa vie amoureuse, ses admirations politiques des années 30 sont plus que douteuses en tant qu'enseignante se racontant à de jeunes esprits... Quant à la machination finale, elle laisse rêveur. La narratrice, par la voix de Muriel Spark, est tour à tour dure, ironique, méprisante. On ne peut pas dire que la compassion soit très présente dans ce roman édimbourgeois à l'accent mi-anglais, mi-écossais. Ce sont des années bien noires qui se profilent à travers le milieu bien-pensant de cette école pour filles plus qu'aisées. Tout y est mesquin et laid. A lire.

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lundi 22 juin 2009

Amours en marge - Yoko Ogawa.

Num_riser0003

Mémoire et mots-maux. Mémoire souffrance qui se traduit somatiquement chez une jeune femme dont le mari vient de partir. Accablée d'acouphènes qui lui parlent brutalement, elle accepte de raconter expériences et symptômes à un magazine de santé. Elle découvre, fascinée, le ballet des doigts du sténographe qui prend note des divers témoignages. S'ensuivra un long échange doigts-mémoire pendant lequel les sons incongrus évolueront et feront évoluer l'héroïne. Il s'agit du premier roman "long" de Yoko Ogawa, paru en 1991 au Japon. Ce thème de la mémoire douloureuse est à la fois ardu et accessible. Il nous renvoit à nos propres expériences, à nos propres chaînes, à l'impact mental/corps et au décodage qu'il n'est pas toujours aisé d'accomplir.

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