samedi 28 mars 2009
L'étrange histoire de Benjamin Button et La lie du bonheur - Scott Fitzerald.
Déstabilisante histoire d'une vie à rebours. Courte nouvelle fantastique où l'on sourit, où l'on se pose des questions... Qu'a voulu démontrer l'auteur? Quel que soit le chemin emprunté, l'homme reste le même. Les rejets, les douleurs sont toujours présentes lorsqu'il y a différence. Ou est-ce simplement une nouvelle fantaisiste? Tout dépendra de la lecture que l'on en fera. Pour ma part, je lui ai trouvé un sens très désenchanté. Il ne me reste plus qu'à aller voir le film... Quant à la deuxième nouvelle, "La lie du bonheur", quelle tristesse, quelle bonté...
jeudi 26 mars 2009
L'amour au jardin - Jean-Pierre Otte.
proposé par Yohan
Comme je l'ai écrit sur la jolie carte accompagnant ce livre : "Intéressant pour les amateurs du genre dont ... je ne fais pas partie". Il faut avoir l'âme naturaliste, le goût de la botanique et de la biologie pour s'enfouir avec plaisir dans cet immense jardin que nous offre Jean-Pierre Otte. Nous y découvrons une vaste copulation chez les fleurs, chez les insectes et parmi toutes ces petites vies dont les habitudes sexuelles nous échappent. Nous y apprenons le mystère intelligent qui se déroule sous nos yeux, bien souvent caché à qui n'a ni le sens de l'observation, ni le goût de s'y pencher. J'ai particulièrement apprécié le chapitre "Passiflore et oiseaux". J'ai trouvé amusante l'idée de l'auteur de nous inviter à devenir abeille dans "L'Iris visité". J'ai jeté un regard suspicieux sur les primevères qui ornent actuellement mes fenêtres en imaginant tout ce qu'elles recèlent et que je ne perçois pas. Mon jardin, au printemps, devenu un lieu de débauche? Il me ferait rougir... :). Le style est dense, parfois un peu trop surchargé. Je n'ai pu m'empêcher, en inconditionnelle de l'écrivain Colette, de penser aux descriptions sensuelles et goûteuses de la nature et du monde animal qu'elle nous livre dans nombre de ses romans...
lundi 23 mars 2009
Madeleine - Amanda Sthers.
Madeleine, la quarantaine en mal de "l'autre" et en mal d'elle-même, est une figure émouvante et attachante. Perdue dans son silence intérieur, elle se confrontera au mutisme salvateur du seul homme, Mr Castellot, qui sera parvenu à conquérir non seulement ses sens mais surtout son coeur. Grâce à cette relation, elle parviendra à la liberté et à la reconnaissance. Etrange histoire que celle-ci, un homme en quête de ses propres retrouvailles débarque dans sa bretagne natale. L'odeur du varech, le bruit de la mer (purificatrice, libératoire pour Madeleine) sont puissamment présents tout au long de la lecture. Ils s'aimeront sans un mot (elle ignorera jusqu'à son prénom), seules quelques paroles révéleront Madeleine à elle-même et seul le silence qu'elle lui offrira permettra à l'homme de reconstruire son identité. Madeleine, rassérénée par l'amour vrai qu'elle aura donné de toutes ses forces, reprendra le chemin de sa vie banale mais qui aura trouver sa pleine justification. Les personnages gravitant autour ne sont guère enthousiasmants : banalité, a-priori, jugements, intérêts égoïstes, tristesse... Il y a des portraits savoureux de lucidité impitoyable sur les êtres dont l'horizon se borne à tellement peu de choses... Leur besoin d'autrui pour exister peut être pitoyable, castrateur, réducteur... Le karaoké mettant en lumière Rémi, l'amoureux transi, est un morceau d'anthologie quant à l'observation physique et psychologique du personnage... Il y a aussi la maison de retraite et la comédie musicale montée par le grand-père Jacques, etc... Ces passages font sourire mais on ressent dans notre amusement une amertume, une réalité pénible à reconnaître. Amanda Sthers, dans un style direct, composé de phrases courtes allant à l'essentiel, nous renvoit à la difficulté de vivre, à la difficulté d'être, à la difficulté d'aimer et au besoin de reconnaissance qui permet à chacun d'exister... Un très beau livre.
Selection mars 2009 - Livre de poche
dimanche 22 mars 2009
La Marche de Mina - Yoko Ogawa.
proposé par Virginie
C'est un Yoko Ogawa particulier dans ce sens qu'il n'entre pas dans la ligne de conduite habituelle des autres livres qu'elle a écrits. Ce roman est empreint de nostalgie douce : un paradis de l'enfance constitué de bonnes fées (la grand-mère Rosa, madame Yoneda), de mystère (l'oncle, la tante), d'amours débutantes (le jeune homme du mercredi, le bibliothécaire), d'amitié profonde et respectueuse qui traversera les années (Tomoko qui raconte et Mina, sa cousine, cadette d'un an, mélange enfantin et adulte), de la communication avec le monde animal (le singe dont on évoque le destin héroïque et Pochiko, l'hippopotame nain qu'on se prend à aimer et qu'on n'oubliera jamais), d'ouvertures à la vie (des phrases émaillent délicatement et simplement le texte de considérations sur les êtres, leurs relations, leurs conséquences, les liens qui se défont par la vie, la mort, l'histoire sociale d'une époque, la prise de conscience, les livres, les objets, les secrets enfantins...). C'est une belle lecture sereine, pleine de tendresse et d'espoir. La quatrième de couverture évoque "le prisme des liens de l'enfance" et signale que ce livre s'inscrit comme "La Formule préférée du professeur" "dans un cycle voué à la tendresse et à l'initiation". Tomoko et Mina sont deux exemples parfaits et attachants du kaléidoscope magique de cette fin d'enfance.



