jeudi 29 mai 2008
Sido.
Trois parties dans ce livre qu'on aurait voulu plus long tant on s'y plaît : Sido, le capitaine et les sauvages. Nous entrons dans l'univers de la famille Colette. Univers fondateur qui marquera à jamais la jeune Gabrielle.
Sido, l'unique, l'incomparable à qui elle consacre dix-sept ans après sa mort ces écrits qui nous la montre, moderne presque d'avant-garde, "tutélaire", personnalité un peu effrayante par son extrême lucidité mais d'un bon sens réaliste qui ne correspond pas aux critères d'une époque où les femmes sont peu libres.
Le capitaine, le père, doux rêveur dévoué à plein temps à Sido. Ecrivain qui n'écrivit pas une ligne, il émeut et on se réjouit pour cet homme lunaire de savoir ce que devint sa fille.
Les sauvages, comme disait Sido, parlant de ses deux fils et de sa fille aînée. Achille, l'aîné aux yeux pers qui ne survécut qu'un an à sa mère adorée; Léo, le "sylphe" musicien, qui mentalement ne quitta jamais l'univers trop édénique de son enfance; Juliette, la demi-soeur, étrange, méconnue, marginalisée, enfouie depuis l'enfance dans des rêves puis dans le mal être...
Sans oublier, la Nature omniprésente, déifiée, source de connaissances, de curiosités, d'apprentissages et de ressourcements. La vie s'y enseigne, s'y comprend, s'y respecte.
Le village et les secrets révélés par les jardins mitoyens, les parties de campagne (!) organisés par le père citadin (à l'étang de la Guillemette qui leur appartenait)...
Lire ce livre, se promener à Saint-Sauveur et dans les environs, c'est mettre ses pas dans l'histoire, c'est toucher, voir et sentir ce qui constitue Colette dans le plus profond de son esprit. C'est déguster sur place tout ce que sa prose éveille en nos sens éblouis.
photo du fascicule de l'exposition 1992 qui eut lieu à Saint-Sauveur au château ("deux pièces furent recréées" - la salle à manger et la chambre à coucher du rez-de-chaussée). Ce court livret retrace l'histoire des possessions de la famille Robineau-Duclos, l'arrivée de Sido, son mariage avec celui qui deviendra le père de l'écrivain, etc... Recherches de Marguerite Boivin.
Commentaires
Quelle merveille ce texte il y a eu une expo sur elle au musée Colette en 2006 "Sido ou l'étoile des vents" bon tout ça me donne envie de relire Colette, mais bon Julos Beaucarne est venu en concert dans ma ville alors je ne peux pas faire autrement que de me replonger dans son oeuvre. Je rouve bien que tu parles à tes élèves de la réaction de Beaucarne face à la mort de sa femme. Je pense avoir lu cette lettre il y a longtemps mais je ne m'en souviens plus.
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