vendredi 16 mai 2008
La seconde.
L'année 1928 voit paraître un texte sur la poétesse Renée Vivien
(1877-1909 - de son vrai nom Pauline Tarn) - texte qui sera repris dans "Le Pur et l'Impur" (1932 -"Ces plaisirs"- réédité sous l'autre titre en 1941).
1929
Ce roman fut achevé le 31 décembre 1928, au château d'Ardenne, en Belgique, "un peu avant les douze coups de minuit". Ce roman particulier traite de la solidarité féminine face à l'homme séducteur et aimé. L'accueil critique et convenu ne se fit pas attendre. Deux femmes soudées face à la toute puissance masculine ne pouvaient que choquer des consciences étriquées et conservatrices. Parallèlement, Colette, alors épouse de Henry de Jouvenel qui vivait une liaison avec la couturière Germaine Patat, se lia d'amitié avec cette dernière (toujours chez Colette, la fiction/réalité). Ce livre est bâti sur fond de milieu théâtral parisien de l'époque. On y suit Farou, auteur en pleine création, comédiens et comédiennes (rivalités, séduction...), échanges d'esprit piquants, "avant-première", personnages roués, etc... La première partie du livre nous donne quelques splendides descriptions de la Franche-Comté. Toute la sensualité d'une Fanny un peu grasse s'y épanouit et la mélancolie d'une Jane, "la seconde", s'y étiole un peu plus. Les deux héroïnes finiront par se rejoindre et parviendront à créer un climat amical qui rendra mal à l'aise "l'homme" désarçonné par l'ambiguïté de cet accord. Il y aussi "le petit Farou", adolescent mal dans sa peau, amoureux, graine d'homme à croquer. On ne peut s'empêcher de penser à Phil (le Blé en herbe), à Chéri et à... Bertrand (fiction/réalité). Pénétrer les dédales de l'âme humaine, ceux de l'âme féminine et ses rapports amoureux, voilà de quoi lire et relire ce livre qui ne livre pas tout à la première lecture.
Je signale l'excellent téléfilm de Christopher Frank (1942-1993) avec Anny Duperey (Fanny), Catherine Sihol (Jane) et Jean Rochefort (Farou) que l'on a pu voir en 1990 à la télé. L'atmosphère y était parfaitement rendue et les comédiens investissaient subtilement les personnages et leurs caractéristiques .

