vendredi 9 mai 2008
La fin de Chéri
Colette disait qu'elle avait eu beaucoup plus de difficultés à traiter "La fin de Chéri" que "Chéri". L'enfant gâté a grandi. La guerre (14/18) est passée par là et comme beaucoup d'hommes, Chéri en revient envahi d'un mal être qui le rend tour à tour misanthrope, jaloux et atteint d'un spleen dont il ne se libérera que par la mort salvatrice. Il ne lui était plus possible de croire en l'homme. Quant à l'amour, le seul véritable qu'il ait connu, le Temps l'a balayé, transformé. La belle Léa est devenue la vieille Léa dont "La jupe unie, la longue veste impersonnelle entr'ouverte sur du linge à jabot, annoncaient l'abdication, la rétraction normales de la féminité, et une sorte de dignité sans sexe". Il n'en faut pas plus pour que la neurasthénie dont souffre violemment Chéri s'entretienne et le maintienne: "Désormais, je n'occuperai partout que la moitié d'une place...". Léa et la guerre l'ont à jamais "maintenu hors du temps". C'est un de ces romans foisonnants de détails psychologiques qui prêtent à analyse, réflexions et échanges divers sur la condition de l'homme meurtri et désabusé par des conflits qui le dépassent et sur l'amour, l'unique amour dont il est dit que l'on en meurt.
Commentaires
Je vais lire celui-là..Je t'en dirai des nouvelles.
Mais hélas, ce ne sera pas dans ces vieux poches, mais dans un "bouquins" spécial Colette.
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