Vivre en un jour les quatre saisons

Atmosphères et perceptions ...

mercredi 7 mai 2008

Kazuo Ishiguro - Les vestiges du jour

Num_riser0004

Il y a beaucoup de pudeur dans ce livre confession. Le majordome Stevens avec ce ton qui n'appartient qu'à lui : délicieusement suranné, truffé de non-dits, retenu et digne, nous conte les vestiges d'une époque, d'une société et d'une profession. Dès qu'on a pénétré au coeur de cette "langue barrière", tout se dresse devant nous : la campagne anglaise, les domaines, les objets chargés d'histoires, les allers et venues des serviteurs, la conscience professionnelle de celui dont le destin aura été de servir, conscience tellement poussée, qu'à nos yeux, il en sacrifie sa vie. A nous d'admirer son éthique, à nous de frémir devant tant de réalisations personnelles gâchées... L'Histoire aussi est tapie à l'ombre des "grands" de ce livre. Livre d'un japonais (éduqué en Angleterre) et qui deviendra, s'il ne l'est déjà, un grand classique de la littérature britannique. Livre qui fut l'objet d'un magnifique film du même nom et réalisé par l'américain James Ivory. Stevens a d'ailleurs pris les traits du magistral Anthony Hopkins. La lecture distille une nostalgie empreinte d'une tristesse qu'on ne peut s'empêcher d'aimer. Tout cela donne envie d'y retourner dans quelques temps...

Posté par Lune de pluie à 08:06 - 4. LITTERATURE NON FRANCOPHONE - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Encore un livre qui est dans ma PAL depuis fort longtemps, et là d'un coup en lisant ton billet j'ai envie de le lire, donc peut-être vais-je aller le sortir de mes étagères d'ici peu !
Je l'avais acheté après avoir vu le (magnifique) film.

Posté par bladelor, mercredi 7 mai 2008 à 11:02

J'ai ce livre dans ma PAL depuis quelques mois et j'ai bien l'intention de le lire bientôt. Je n'ai que de vagues souvenirs du film. J'ai beaucoup aimé la plume d'Ishiguro dans "Never let me go" et je rouvrirai un de ses livres avec plaisir!

Posté par Karine, mercredi 7 mai 2008 à 13:27

Un gout suranné de la soumission du personnel ! Que c'est triste, camarade !
Mais que c'est beau à lire

Posté par Michel, jeudi 8 mai 2008 à 21:01

Un livre somptueux! Etonnant comme Ishiguro parvient à se mettre dans la peau de ce personnage et à en pénétrer la psychologie; A savourer, donc!

Posté par sybilline, lundi 12 mai 2008 à 22:16

Bonsoir, je confirme que le livre et puis le film qui en a été tiré sont sublimes. Quand on pense que c'est un écrivain d'origine japonaise qui a su si bien rendre tous les non-dits de cette société britannique: chapeau!

Posté par dasola, jeudi 15 mai 2008 à 23:08

Ah ce film... un rythme si particulier, un univers parallèle si intense. Quant aux photos et lumières... no comment !

Posté par Wishes, lundi 19 mai 2008 à 18:42

je fais un petit détour chez vous venant de chez MarcF. Les vestiges du jour est un livre magnifique, tout en retenue et très émouvant je l'ai adoré.

Posté par philo, jeudi 22 mai 2008 à 20:41

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