Vivre en un jour les quatre saisons

Atmosphères et perceptions ...

mercredi 1 juillet 2009

Swap au long cours - Eté.

P1040082 Je suis bien vivante puisque ma capacité d'émerveillement est intact.

Merci à ma gentille swappée "Dans la lune" qui m'a envoyé un colis très plaisant : un livre (à moi enfin de découvrir le "fantasy" surtout s'il est humoristique), un petit livre de recettes de smoothies (à moi de tenter des expériences), une bougie qui me permettra de déguster des fruits en massepain lorsque la nuit viendra rafraîchir ces jours caniculaires et bien estivals, un marque-page nostalgique d'un Montmartre des années 1930 et cette carte avec une citation si juste de Einstein.

Merci pour ce colis qui est venu égayer ce 1er jour des vacances et merci à Bladelor d'avoir organisé ce swap.

P1040077P1040078

P1040079

Je ne suis pas la seule à m'émerveiller, pas plus curieuse que Miss Saha Geisha du Sakura...

P1040081

Passez toutes et tous un bel été.

Posté par Lune de pluie à 21:48 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

jeudi 25 juin 2009

La vie devant ses yeux - Laura Kasischke.

Num_riser0004

Livre qui, d'après la lecture d'autres critiques, ne laisse pas indifférent, passionne ou agace. Je l'ai apprécié, prise immédiatement par l'atmosphère dans laquelle évolue Diana. Une réalité quotidienne banale, trop sucrée, entre une fille de huit ans, un mari professeur plus que séduisant. Tout au long de ces journées édulcorées, il y a cependant une nature présente qui, elle, évolue. Les jeux de lumière évoqués, l'obscurité, la chaleur , la pluie, etc... soutiennent, immuables, inéluctables, une vie qui avance. Femme de quarante ans qui se remet en question, flash-back de l'adolescente qu'elle fut et du drame qu'elle vécut... Oui mais, certains détails troublent, sommes-nous vraiment dans la réalité ou sommes-nous dans une vie rêvée? L'épilogue est déroutant. Rejoint-il, comme je l'ai ressenti, ce prologue qui donne la chair de poule? "La vie devant ses yeux" est-elle cette vie que Diana, culpabilisée, mourante, s'imagine ou l'a-t-elle vécue? Serions-nous dans le fantastique?

Posté par Lune de pluie à 08:26 - 3. Littérature non francophone. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 24 juin 2009

L'allure de Chanel - Paul Morand.

Num_riser0005

"Coco" est à la mode. Pour en savoir un peu plus sur ce "personnage", le livre de Paul Morand fourmille en découvertes, en anecdotes, en témoignages et en coups de g... de la grande dame de la couture. En 1946, l'écrivain passa quelques temps dans le même hôtel de Saint-Moritz avec la couturière. S'ensuivirent des conversations que Paul Morand retranscrivit et qui devinrent des années plus tard ce "L'allure de Chanel" considéré comme "la plus flamboyante des oeuvres consacrées à Chanel". On y croise de nombreux artistes de l'époque comme Diaghilev, Picasso... On y trouve évoquées les amours de la dame : Boy Capel, Westminster... On y lit les conceptions prônées en matière de mode et qui révolutionneront l'art d'habiller la femme. On y découvre une femme intelligente, âpre, dure, orgueilleuse (elle insiste beaucoup sur cette vertu), autoritaire et méprisante mais seule, terriblement seule... Un témoignage d'une époque, d'un monde et d'une femme qu'on pourrait se prendre à détester tant ses certitudes sont dérangeantes.

Posté par Lune de pluie à 09:22 - 2. Littérature francophone. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

mardi 23 juin 2009

Les belles Années de Mademoiselle Brodie - Muriel Spark.

Num_riser0006

C'est un livre très facile à lire et qui ne lasse pas. Pédagogiquement, il amène beaucoup de réflexions sur les dangers d'une trop grande main-mise sur de jeunes esprits. Ce personnage de Mademoiselle Brodie me paraît plus que suspect non seulement dans sa manière d'enseigner mais également dans sa personnalité égoïste et manipulatrice. Son rejet de l'élève Mary MacGregor est à mettre au pilori. Ses anecdotes sur sa vie amoureuse, ses admirations politiques des années 30 sont plus que douteuses en tant qu'enseignante se racontant à de jeunes esprits... Quant à la machination finale, elle laisse rêveur. La narratrice, par la voix de Muriel Spark, est tour à tour dure, ironique, méprisante. On ne peut pas dire que la compassion soit très présente dans ce roman édimbourgeois à l'accent mi-anglais, mi-écossais. Ce sont des années bien noires qui se profilent à travers le milieu bien-pensant de cette école pour filles plus qu'aisées. Tout y est mesquin et laid. A lire.

Posté par Lune de pluie à 08:30 - 3. Littérature non francophone. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 22 juin 2009

Amours en marge - Yoko Ogawa.

Num_riser0003

Mémoire et mots-maux. Mémoire souffrance qui se traduit somatiquement chez une jeune femme dont le mari vient de partir. Accablée d'acouphènes qui lui parlent brutalement, elle accepte de raconter expériences et symptômes à un magazine de santé. Elle découvre, fascinée, le ballet des doigts du sténographe qui prend note des divers témoignages. S'ensuivra un long échange doigts-mémoire pendant lequel les sons incongrus évolueront et feront évoluer l'héroïne. Il s'agit du premier roman "long" de Yoko Ogawa, paru en 1991 au Japon. Ce thème de la mémoire douloureuse est à la fois ardu et accessible. Il nous renvoit à nos propres expériences, à nos propres chaînes, à l'impact mental/corps et au décodage qu'il n'est pas toujours aisé d'accomplir.

Posté par Lune de pluie à 17:35 - 3. Littérature non francophone. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 10 juin 2009

Au Pays - Tahar Ben Jelloun.

Num_riser0002

Merci Tahar Ben Jelloun (ah! ce prénom coupé en son milieu par ce h mystérieux et chantant), de nous livrer une fois de plus un roman tout en délicatesse, émouvant, interpellant, nostalgique et onirique. Mohamed, le héros, arrive à la retraite et retourne vers le "bled" natal où il croit pouvoir réaliser son ultime rêve : réunir ses enfants dans la maison qu'il a bâtie de ses mains. A l'heure des multiples bilans, cet homme humble, religieux sans aucun fanatisme, travailleur courageux, constate l'éloignement de ses enfants engloutis par les us et coutumes de leur nouvelle patrie. Mohamed, lucide, déplore également les dérives de tous bords. C'est un homme simple et moral qu'on se prend à aimer.  Analphabète, réfugié dans ce qu'on lui a appris : la bonté, le respect, émigré dont l'âme profonde est toujours restée au pays, Mohamed n'a pas pu comprendre l'évolution de ses enfants. L'incommunicabilité est présente, cruelle pour cet homme dont le destin ne fut que journées de travail, sommeil récupérateur et refuge dans l'Islam. Des générations et des cultures différentes : la vie toute tracée, l'amour qui ne se vit pas, les paroles qui ne se disent pas... Il souffre silencieusement, dépassé par un pays dont il ne peut accepter les trop fortes différences. Le retour au sien est métaphorique, dramatique, étouffant. Tahar Ben Jelloun nous donne un récit digne mettant à l'honneur un homme parmi tant d'autres, à qui la vie a fait peu de cadeaux. Comme toujours, l'écriture magique de l'auteur, ses références aux contes, ses images chaudes que l'on ressent au plus profond contribuent à la beauté et à la profonde tristesse de cette histoire qui ne laisse pas indifférent. Décidément, Monsieur Ben Jelloun, je vous lis depuis le début et je ne m'en lasse pas...

Sur ce blog, "Sur ma mère", un puissant cri d'amour qu'on ne peut oublier...

Site officiel de l'auteur : ici

Posté par Lune de pluie à 21:01 - 2. Littérature francophone. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 8 juin 2009

Babélio

Posté par Lune de pluie à 16:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Journal d'un rabbin raté - Victor Malka.

logo_babeliomasse_critique que je remercie infiniment.

Num_riser0001 Merci aux Editions du Seuil

J'ai choisi ce livre par pure curiosité et aussi à cause de l'intérêt que je porte à la culture hébraïque et arabe. Israël et la Palestine me fascinent. La lecture fut aisée bien que foisonnante de nombreuses références inconnues relatives à la vie, aux tensions, aux rivalités étonnantes entre rabbins, laïcité, judaïsme à "l'ancienne" et judaïsme réformé, israéliens, diaspora... Loin de moi de prendre une position mais mon étonnement fut grand devant certaines querelles qui me paraissent mesquines. Il y a beaucoup de leçons à tirer de cette lecture. J'ai apprécié la franchise et la lucidité de l'auteur quant à la situation actuelle. L'humour que l'on trouve dans ces pages est également source de réflexions. J'ai été ravie de voir citer Emile Shoufani, "le curé de Nazareth" dont la démarche est admirable. Avec de telles personnes, on se mettrait presqu'à espérer que la paix puisse enfin arriver...

J'ai retenu cette citation de Isaiah Berlin que je vous livre :

"Peu de choses, ont engendré davantage de malheurs que la conviction d'individus ou de groupes... d'être les seuls dépositaires de la vérité. C'est une terrible et dangereuse arrogance de croire que vous êtes le seul à avoir raison : vous avez un oeil magique qui voit la vérité et les autres ne peuvent donc avoir raison s'ils sont en désaccord avec vous."

Réflexions, dialogues, échanges, respect, compassion, empathie...

Interrogations qui font aller plus loin...

Posté par Lune de pluie à 14:51 - 2. Littérature francophone. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 21 mai 2009

L'odyssée de Pénélope - Margaret Atwood.

Num_riser0012

Num_riser0001 Proposé par Argantel.

Pénélope, célèbre dans toutes les mémoires pour sa tapisserie, nous interpelle depuis les Enfers et nous apparaît moderne à souhait. Femme au-delà du mythe, elle nous confie ses souvenirs, sa vérité de jeune fille livrée à Ulysse, ses douleurs, ses relations avec son fils, ses servantes, ses prétendants cupides. Elle nous apparaît réelle, humaine, rusée autant que son royal époux, victime douloureuse immolée sur le bûcher des vanités. Elle nous apostrophe en dénonçant les défauts éternels des hommes tant de son époque que de la nôtre. Un récit original constitué des monologues de Pénélope et des interventions du choeur des douze servantes (les différences sociales y sont bien décrites) à la manière du théâtre antique. De facture aisée, ce livre apporte une nouvelle lecture de l'histoire de Pénélope, proche de nous dans ses sentiments de femme.

Posté par Lune de pluie à 17:06 - 3. Littérature non francophone. - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 7 mai 2009

Harraga - Boualem Sansal

Num_riser0012

Harraga de Boualem Sansal, livre proposé par Emmyne,  lu précédemment, billet ici

Posté par Lune de pluie à 14:18 - 3. Littérature non francophone. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

vendredi 1 mai 2009

L'instinct d'Inez - Carlos Fuentes.

Num_riser0002

Il y a une puissance évocatrice et troublante tout au long de ce livre. La Passion et le Temps. La Musique en tant que langage des émotions profondes et primales nimbe tout ce roman du mystère qui entoure non seulement les héros mais également tout être humain en proie à des sentiments contradictoires et renvoyé devant le miroir où il peut plonger au tréfonds de ses doutes, de ses désirs et des méandres du cheminement de chaque individu. La damnation de Faust de Berlioz, brutale, déstabilisante, exprime chaos et rédemption. L'histoire est un prétexte où chacun peut se re/trouver, la musique (à écouter ou réécouter) soutient les mots, les cris, les douleurs de chaque vie racontée par Fuentes. Ce n'est pas un livre qui se donne tout de suite, il faut y revenir. Au détour d'une page, on peut s'y rencontrer...

Posté par Lune de pluie à 08:05 - 3. Littérature non francophone. - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

jeudi 30 avril 2009

Gigi.

Num_riser0007 publié en 1944

Mademoiselle Gigi fait partie au même titre que Claudine, Minne, Julie, Mitsou et bien d'autres, des figures féminines attachantes décrites par Colette. Cette "jeunesse" de quinze ans six mois élevée par des femmes (la grand-mère, la mère et la fameuse tante Alicia au demeurant un peu effrayante) va bouleverser cet univers féminin qui ne fréquente pas "les gens ordinaires, c'est-à-dire inutiles", qui ne tolère pas les hésitations : "Tu t'ennuies chez toi? Ennuie-toi un peu. Ce n'est pas mauvais. L'ennui aide aux décisions.", qui prône que "Le mariage ne nous est pas interdit. Au lieu de se marier "déjà", il arrive qu'on se marie "enfin", qui connaît les bonnes manières, les belles pierres et savent que "Quand une femme connaît les préférences d'un homme, cigares compris, quand un homme sait ce qui plaît à une femme, ils sont bien armés l'un contre l'autre...".

"Et ils se battent, conclut Gilberte d'un air fin."

Parce que Gigi aimera et sera aimée du "tonton Gaston" qui fréquente ce milieu de demi-mondaines. Parce que Gigi, honnête et pure, sera épousée, parce que Gigi rentrera dans l'ordre des choses dites "normales". Colette se serait inspirée d'un petit scandale du début du siècle dans le monde cloisonné des femmes "entretenues". Cela donne une délicieuse nouvelle avec des personnages typés qu'on ne peut s'empêcher d'aimer. A lire en se replaçant dans une époque révolue.

Beaucoup de jeunes comédiennes (au cinéma ou au théâtre) ont prêté leurs traits à ce personnage riche à interpréter. Il y eut Danielle Delorme en 1946, Audrey Hepburn en 1951, Evelyne Ker en 1955, Leslie Caron en 1958 (comédie musicale), Muriel Baptiste en 1965 et plus proche de nous, Juliette Lamboley en 2006 pour la télé.

Il ne faut pas oublier les autres nouvelles qui suivent ce pétillant Gigi. Nous trouvons : "L'enfant malade", délicate et tragique description d'un enfant mourant, "La Dame du photographe", l'insatisfaction d'une vie et le merveilleux "Flore et Pomone", où la grande Colette nous donne rendez-vous sous l'aile plumeuse des mimosas, dans les jardins secrets de Paris, parmi les odeurs des saisons et les chants des oiseaux.

Posté par Lune de pluie à 18:10 - 4. L'oeuvre de Colette. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

lundi 20 avril 2009

Epoustouflant Philippe Jaroussky au Théâtre Royal de la Monnaie - Bruxelles.

philippe_jaroussky_120x150 Ce jeune contre-ténor a reçu une victoire de la musique en 2004 et a été désigné l'artiste lyrique de l'année 2007. Son disque "Carestini" que j'avais précédemment évoqué a obtenu un grand succès.

De passage au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, nous avons pu, Cantus firmus et moi, l'entendre dans des mélodies françaises de Ernest Chausson, Claude Delussy, Gabriel Fauré, César Franck, Reynaldo Hahn, Guillaume Lekeu, Jules Massenet et Camille Saint-Saëns. Il était accompagné au piano par Jérôme Ducros.

L'intelligence de l'artiste réside dans la simplicité avec laquelle il nous présente ces mélodies. Sans cette sobriété, une interprétation excessive pourrait amener un agacement et une lassitude... Son immense talent vocal, son travail (tout paraît si facile), son articulation, sa gestuelle mesurée ont fasciné un public attentif. La magie de la musique et du chant a parfaitement opéré : un Temps hors du Temps. Philippe Jaroussky étonne, on s'était habitué à l'entendre dans du Baroque. Il nous montre une nouvelle facette : les mélodies françaises de la fin du XIXè et du début du XXè. Sa voix tellement pure, ses modulations d'une douceur subtile montrent sans aucune fioriture toutes les facettes unissant musique, chant et texte. C'est un artiste admirable, vrai, naturel, l'acte de communication est total. Il fait corps avec cette voix qu'il possède et qu'il fait "sonner" avec précision et sensibilité, un instrument précieux dont il joue divinement. Il était accompagné par le pianiste Jérôme Ducros qui nous interpréta du Chaminade et un émouvant "Prélude" de César Franck. Le public ne s'y est pas trompé en les applaudissant passionnément et en les rappelant une dizaine de fois... Sans se faire prier, Philippe Jaroussky a rechanté quatre fois... et s'est montré facétieux lorsque dans un chant, il reprit soudain une phrase d'une voix grave, ce qui fit rire le public, créant une véritable connivence. Le quitter fut difficile pour tous les aficionados belges et les touristes venus l'écouter. Après le spectacle, Philippe Jaroussky a accepté en public de se laisser interviewer par deux représentants des "Jeunes amis de la Monnaie"  (qui furent d'une aisance verbale déplorable...). Ensuite, infatigable, il s'est soumis au jeu des dédicaces et la file était longue... Et toujours avec cette amabilité, ce calme naturel et ce gentil sourire qui le caractérisent, ce jeune artiste dont la carrière nous promet encore bien des surprises et des découvertes, a signé programmes, disques et affiches pour le plus grand bonheur de tous. Une façon de prolonger ces moments rares...

Il faut voir et entendre Philippe Jaroussky, un univers, un bonheur artistique total. Toutes les dates de concerts sont annoncées sur Internet et elles sont nombreuses! Quant à moi, j'attends son retour en Belgique...

Num_riser0007

http://www.philippejaroussky.fr/

Posté par Lune de pluie à 22:28 - 1. Arts, musique. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 19 avril 2009

Chéri - Stephen Frears.

Num_riser0004

Il est toujours difficile, après avoir lu et relu une oeuvre depuis de nombreuses années, de se laisser aller... J'avais construit mes propres images, il me fallut un certain temps pour accepter que Léa possède les traits de Michelle Pfeiffer (trop mince, trop raffinée), que les amies de Mme Peloux, la mère de Chéri, soient aussi caricaturales jusqu'à l'outrance, que Chéri (Rupert Friend) soit plus androgyne que je ne l'avais imaginé. Passés ces chocs de lectrice assidue, le film m'a plu. La reconstitution des décors étouffants dans lesquels évoluaient ce demi-monde parisien où l'on déchiquetait à pleines dents faussement souriantes est superbe. On retrouve le texte de Colette mais le style, la patte spirituelle et sensuelle de l'auteur est difficile à goûter pleinement. Je me suis demandée comment les non initiés à l'écrivain et comment la jeune génération allaient ressentir ce livre mis en images, certes belles, mais qui ne rendent pas pleinement l'oeuvre écrite. Elles me semblent compromettre l'envie de la découvrir? Les comédiens rendent bien la déchirure que provoque cet amour impossible mais vrai qui les brisera à jamais. Le film évoque non seulement "Chéri" mais aussi, sans entrer dans les détails du roman, "La Fin de Chéri". Cette femme en marge du "Monde" et du "Demi-monde" devient terriblement humaine devant cet amour, le dernier et le seul, qui la terrasse. Quant à Chéri, pauvre victime... qui vécut dans un monde parallèle que la première guerre mondiale va balayer, il ne se remettra jamais de n'avoir pas trouvé de sens à sa vie et d'avoir aimé d'un amour que le Temps a rendu impossible. Tout cela, le film le montre bien.

Billet sur le livre dans la catégorie "L'oeuvre de Colette".

Posté par Lune de pluie à 12:39 - 1. Arts, musique. - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 17 avril 2009

Les monologues voilés - Adelheid Roosen.

monologues_voiles

Adelheid Roosen, metteuse en scène hollandaise, auteur dramatique, a joué dans "Les Monologues du vagin". Cette pièce a suscité chez elle l'envie de donner la parole à 70 femmes d'origine musulmane vivant aux Pays-Bas. Conséquence de ces interviews : 12 monologues incisifs, surprenants, drôles, interpellants, tragiques. Cette pièce, d'abord créée et présentée en français au Théâtre Poche de Bruxelles (une reprise aura lieu en 2010), tourne actuellement en Wallonie. Elle s'est jouée et se joue à Berlin, Boston, New-York ... Dans cette version, il s'agit de trois comédiennes arabo-belges et d'une musicienne (chant, luth, flûte et percussion) qui prendra également la parole en fin de spectacle. La mise en scène est sobre, misant sur une simplicité qui met en valeur le texte sans jamais tomber dans un lyrisme ou un ton mélodramatique qui ne serait que redondant et peu nécessaire. Chaque comédienne a son propre style qui tour à tour touche, émeut, parle, fait sourire, rend soudainement le public grave et accroché à leurs mots. Tous les sujets :  le mariage forcé, la virginité, l'excision, la domination masculine, la sensualité, le hammam, l'amour... sont abordés avec justesse. Ce qui peut déranger comme émouvoir. Toute femme ressentira dans sa chair les dérives que peuvent engendrer certaines coutumes nées d'une lecture biaisée des textes religieux, ici le Coran, ailleurs la Bible (un texte y fait d'ailleurs référence). Du vrai théâtre.

Posté par Lune de pluie à 23:34 - 1. Arts, musique. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,



Page suivante »